Sanofi: le site de production du Dengvaxia devrait rester en sous-activité longtemps

Sanofi: le site de production du Dengvaxia devrait rester en sous-activité longtemps
Le site Sanofi proche de Marcy-L'Etoile, où une partie de celui de de Neuville-sur-Saône est en train d'être réaffectée JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
pharmacie

Le site de Sanofi près de Lyon, qui était exclusivement dédié à la fabrication du vaccin contre la dengue Dengvaxia, devrait rester en sous-activité pendant plusieurs années faute de volumes suffisants de production alternative dans l'immédiat, a prévenu mercredi le groupe.

Une partie des effectifs du site de Neuville-sur-Saône est en train d'être réaffectée sur le site proche de Marcy-L'Etoile, et des pistes de production alternatives sur Neuville "sont en cours d'élaboration", a expliqué David Loew, le patron de la division vaccins du groupe, Sanofi Pasteur, durant la conférence de presse sur les résultats annuels du groupe à Paris.

"Le plan de mise à disposition concerne au moins 70 salariés sur les 200 présents", et une vingtaine d'entre eux "ont déjà été prêtés à Marcy", a précisé à l'AFP Fabien Mallet, délégué CGT du site de Neuville.

Pour compenser partiellement la production du Dengvaxia, Sanofi Pasteur étudie la possibilité de produire à Neuville une nouvelle génération de son vaccin contre la fièvre jaune, ainsi qu'un vaccin contre la rage, a détaillé M. Loew. Cependant "cela va prendre quelques années, car ces vaccins sont encore en phase de développement", a-t-il ajouté.

La production du Dengvaxia a été totalement interrompue depuis décembre dernier, en raison de son développement commercial beaucoup plus lent que prévu et des inquiétudes qu'il suscite aux Philippines, où les autorités locales le soupçonnent d'être responsable des décès d'une dizaine d'enfants.

Sanofi conteste tout lien de causalité entre son vaccin et ces décès. Le groupe a toutefois remboursé aux Philippines les doses non utilisées après la suspension d'une vaste campagne infantile dans le pays en fin d'année dernière. Par conséquent, les ventes de Dengvaxia ont atteint à peine 3 millions d'euros en 2017, contre 55 millions d'euros en 2016.

Faute de commandes suffisantes dans le monde, le groupe s'est retrouvé avec un vaste stock de 400 millions d'unités produites depuis 2014, dont 100 millions de doses arrivant bientôt à péremption sont en cours de destruction.

Sanofi a dû passer pour 158 millions d'euros de dépréciations sur son résultat opérationnel des activités au quatrième trimestre en raison des déboires du Dengvaxia.

"Il n'y aura plus de dépréciations liées à Dengvaxia au premier trimestre 2018", a assuré mercredi le directeur financier du groupe, Jérôme Contamine, tandis que le directeur général Olivier Brandicourt a rappelé que Sanofi demeurait "très engagé" sur ce vaccin, le seul pour l'instant à avoir été approuvé contre la dengue.

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