Scandale de la viande de cheval: sitôt ouvert, le procès Spanghero interrompu jusqu'à mardi

Scandale de la viande de cheval: sitôt ouvert, le procès Spanghero interrompu jusqu'à mardi
L'ex-directeur général de Spanghero Jacques Poujol le 21 janvier 2019 au tribunal correctionnel de Paris ERIC FEFERBERG
alimentation, Consommation

Brièvement ouvert lundi après-midi à Paris, le procès de l'affaire Spanghero, le volet le plus connu du retentissant scandale de la viande de cheval vendue comme du bœuf qui avait éclaté en Europe en 2013, a rapidement été interrompu et reprendra mardi.

Quatre hommes doivent être jugés jusqu'au 13 février: deux anciens dirigeants de l'ex-société de transformation des viandes Spanghero, implantée en Occitanie - l'ex-directeur général Jacques Poujol et l'ancien directeur du site Patrice Monguillon - et les négociants néerlandais Johannes Fasen et Hendricus Windmeijer, déjà condamnés aux Pays-Bas pour une fraude comparable.

Présents devant le tribunal correctionnel, sauf M. Fasen, ils sont poursuivis principalement pour tromperie et escroquerie en bande organisée.

Après une heure consacrée à l'appel des prévenus et à la lecture des faits reprochés, un énoncé très technique et traduit en néerlandais pour M. Windmeijer, le tribunal a déjà suspendu l'audience jusqu'à 10H00 mardi.

Elle reprendra alors par une Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) de la défense, qui doit être plaidée par un avocat absent lundi, puis par une série de requêtes visant la procédure.

Les débats sur le fond ne devraient pas commencer avant mercredi.

Le scandale alimentaire - mais pas sanitaire - des "lasagnes au cheval", d'ampleur internationale, avait éclaté début 2013 au Royaume-Uni.

Lourdement touchées, des marques comme Findus ou Picard avaient massivement retiré de la vente leurs lasagnes "pur bœuf" et autres moussaka après des tests ADN ayant révélé que la viande était en fait du cheval.

Les investigations ont mis au jour une fraude organisée et lucrative, qui a pu prospérer sur des contrôles insuffisants.

Les prévenus sont notamment soupçonnés d'avoir trompé la société ayant fabriqué ces plats préparés, Tavola, filiale luxembourgeoise du groupe Comigel, en lui vendant en 2012 et début 2013 plus de 500 tonnes de viande présentée comme du bœuf à l'aide d'étiquetages trompeurs.

En parallèle de cette activité de négoce, Spanghero elle-même avait écoulé plus de 200 tonnes de cheval, essentiellement sous forme de merguez au boeuf, mais aussi de plats préparés.

A l'époque, l'autorité française anti-fraudes (DGCCRF) avait comptabilisé 750 tonnes de viande écoulées dans 13 pays européens, soit 4,5 millions de plats cuisinés.

L'affaire avait révélé la complexité et l'opacité des circuits d'approvisionnement et de transformation, de l'abattage de l'animal à la commercialisation de millions de barquettes.

Si le volet Spanghero est le plus connu, toute la viande de cheval retrouvée dans des plats pur bœuf à l'époque du scandale n'a pas transité par cette entreprise.

Devant la presse, l'un des avocats de Jacques Poujol, Antoine Vey, a estimé qu'il "ne faut pas faire de lui le responsable du système", assurant que son client, "comme d'autres entreprises, a été trompé au niveau de la viande de cheval" par le négociant Johannes Fasen. Ce dernier assure avoir vendu du cheval en toute transparence.

Parmi les parties civiles figurent Findus, Picard, Tavola, Carrefour, des associations de défense des consommateurs ou encore la Fédération nationale bovine et l'Interprofession du bétail et de la viande.

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