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Sécheresse: "On sort du dogmatisme de la gestion de l'eau", se félicite Larcher

Sécheresse:
Le président du Sénat Gérard Larcher dans son bureau à Paris, le 24 juillet 2019Martin BUREAU

"On sort du dogmatisme de la gestion de l'eau", s'est félicité mercredi le président du Sénat Gérard Larcher (LR), alors que le gouvernement a affirmé, en pleine sécheresse, sa volonté de faciliter le développement de retenues d'eau pour l'irrigation de l'agriculture.

Le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume prend le problème "à bras le corps, maintenant il faut que le gouvernement et le parlement aient le courage de traiter cette question de la gestion de l'eau, sans doute différente d'il y a 30 ans", a déclaré M. Larcher dans un entretien à l'AFP.

"Je crois qu'il y a une prise de conscience qui permet de sortir du dogmatisme des uns ou d'une forme d'immobilisme des autres", a ajouté le président du Sénat.

"Aujourd'hui, je veux affirmer devant le Sénat que l'agriculture sera résiliente si elle est irriguée, ou elle ne sera plus, et il y a un grand pan de l'agriculture qui disparaîtra", a affirmé mardi M. Guillaume, questionné au Sénat sur la sécheresse qui affecte les agriculteurs, et plus particulièrement les éleveurs.

Le ministre a rappelé avoir, avec le ministère de la Transition écologique, envoyé une instruction dans tous les départements le mois dernier "pour autoriser la construction de retenues d'eau à multi-usages qui doivent permettre l'irrigation de l'agriculture".

Il a aussi indiqué que "le gouvernement serait preneur d'une proposition de loi" pour sécuriser ces projets, régulièrement attaqués devant les tribunaux administratifs.

"Ce qu'a dit le ministre hier nous le partageons depuis très longtemps", a déclaré M. Larcher, soulignant que M. Guillaume avait été "applaudi sur tous les bancs", ce qui "démontre que la réalité territoriale est vraiment présente au Sénat".

M. Larcher a également souligné "la démarche de solidarité qui est en train de se mettre en place des zones céréalières en direction de zones d'élevage".

Concernant la proposition de loi souhaitée par le ministre de l'Agriculture, "la question doit être expertisée", note-t-on au ministère de la Transition écologique.

Les retenues d'eau ne sont "pas la panacée", avait dit mardi Emmanuelle Wargon, la secrétaire d'Etat à la Transition écologique, après la réunion de la commission de suivi hydrologique du Comité national de l'eau.

"Les retenues d'eau peuvent être un bon outil pour favoriser un partage équitable avec les agriculteurs, mais seulement dans un projet plus global dans lequel notre 1er objectif est d'économiser l'eau", a-t-elle déclaré à la presse.

"Les retenues d'eau ce n'est pas la panacée, ce n'est pas la réponse qui permet de ne pas faire le travail sur l'économie. Il faut d'abord travailler sur les besoins et peut-être réfléchir à l'évolution des cultures. Et quand on a réfléchi aux besoins et qu'on pense qu'ils sont soutenables à l'échelle d'un territoire, là on peut mettre en place des retenues d'eau", a-t-elle ajouté.

Les instructions envoyées aux départements en mai par les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique explicitent la méthode et les conditions dans lesquelles les retenues d'eau sont construites. Avec l'idée d'engager des "projets territoriaux pour la gestion de l'eau" impliquant notamment des diagnostics sur la ressource, les usages, les économies d'eau possibles.

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