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Sécurité au G7: Castaner de nouveau sous pression

Après plusieurs mois de manifestations des "gilets jaunes" et un enchaînement de polémiques, Christophe Castaner est de nouveau sous pression face au défi du maintien de l'ordre au G7 de Biarritz, malgré le soutien répété de l'exécutif.

Pas moins de 13.200 policiers et gendarmes sont mobilisés à Biarritz et dans le Pays basque transformés en camp retranché pour accueillir durant le week-end le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des principaux pays industrialisés.

Face à eux, des centaines de militants anticapitalistes et altermondialistes vont manifester, laissant craindre des violences et des affrontements sous l'oeil des caméras du monde entier.

"Nous ne tolérerons aucun débordement. S'ils surviennent, nous y répondrons", a prévenu le ministre de l'Intérieur.

Le sommet est-il alors un test pour Christophe Castaner, régulièrement attaqué sur la gestion du maintien de l'ordre après plusieurs mois de manifestations de "gilets jaunes" ?

Officiellement, non. "Le ministre de l'Intérieur n'est pas testé, il est en responsabilités, le Premier ministre a pleinement confiance dans le dispositif et la stratégie des forces de l'ordre. Vous n'imaginez pas le degré de soutien qu'apporte le Premier ministre à son ministre de l'Intérieur", assure-t-on dans l'entourage d'Edouard Philippe.

Ce soutien, le Premier ministre a pourtant dû le rappeler à plusieurs reprises ces dernières semaines. "Le ministre de l'Intérieur n'est pas fragilisé" et "j'ai pleinement confiance en lui", déclarait Edouard Philippe fin juillet après la découverte du corps de Steve Maia Caniço, disparu la nuit de la Fête de la musique à Nantes marquée par une opération de police controversée.

Trois mois plus tôt, alors que la droite et la gauche demandaient la démission du ministre de l'Intérieur après qu'il eut parlé d'"attaque" contre l'hôpital de la Salpêtrière, Edouard Philippe avait déjà dû réaffirmer sa "confiance" en Christophe Castaner.

"Je crois savoir que le ministre de l'Intérieur a corrigé son propos. Il a sans doute eu raison de le faire en choisissant le terme qu'il a utilisé. Et je n'ai pas d'autres commentaires à faire sinon qu'il a évidemment, et comme depuis le début, toute ma confiance", avait-il dit.

- "Le poste le plus compliqué qui soit" -

Depuis plusieurs mois déjà, la place Beauvau faisait face aux critiques nées des manifestations de "gilets jaunes" qui ont parfois dégénéré en violents affrontements et en émeutes.

La gestion du maintien de l'ordre revue par le ministre a ranimé les polémiques, alimentées par les images de manifestants violentés, blessés à la main ou éborgnés ou encore le décès à Marseille de Zineb Redouane, 80 ans, touchée au visage par des morceaux de grenade lacrymogène alors qu'elle se trouvait à la fenêtre de son appartement, au 4e étage.

Christophe Castaner a "vécu la plus grosse crise d'ordre public depuis ces cinquante dernières années", souligne-t-on place Beauvau. "Qu'aurait fait un autre ministre à sa place ?"

"Après Cazeneuve ou Collomb, Castaner donne une impression de légèreté. Il est décalé. On a l'impression que le costume est trop grand pour lui. Sans Laurent Nuñez (son secrétaire d'Etat, ndlr), il aurait du mal", estime un gradé de la police nationale. "Je pense qu'il aime bien les flics. Mais toutes les bonnes choses qu'il peut réaliser comme son soutien aux policiers sont phagocytées par ses bourdes", ajoute-t-il.

Et d'évoquer les photos du ministre s'amusant dans un bar un soir de manifestation "gilets jaunes", ses déclarations "à côté" comme lorsqu'il qualifie les dégradations d'une permanence LREM "d'attentat" ou quand il se fait rappeler à l'ordre par le procureur après avoir annoncé l'arrestation d'un suspect dans l'attentat au colis piégé à Lyon.

"Ministre de l'Intérieur, c'est le poste le plus compliqué qui soit", souligne un ancien syndicaliste policier. "Avec un contexte de plus en plus compliqué aussi, Christophe Castaner n'est pas épargné. Il est là, il défend l’institution et soutient les fonctionnaires", ajoute-t-il, jugeant estimant les polémiques inutiles. "Qu'est-ce qu'il pourrait faire de mieux ?", interroge-t-il, soulignant le "poids politique" du ministre qui "peut faire reconnaître les difficultés des collègues de terrain".

"Et en même temps, on ne voit pas qui ils pourraient mettre à sa place", ajoute un cadre de Beauvau.

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