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Sergio Marchionne, artisan du retour au premier plan de Ferrari en Formule 1

Sergio Marchionne, artisan du retour au premier plan de Ferrari en Formule 1
L'Italo-Canadien Sergio Marchionne, patron de Fiat Chrysler (FCA) et président de Ferrari, parle à la presse dans le paddock avant le Grand Prix des Etats-Unis de Formule 1, le 22 octobre 2017 à AustCLIVE MASON
sport, Italie

L'Italo-Canadien Sergio Marchionne, emblématique patron de Fiat Chrysler (FCA) mort mercredi à 66 ans, était aussi l'artisan du retour de Ferrari aux avant-postes en Formule 1 l'an dernier, après dix ans de vaches maigres.

Manager aux éternels pulls ou polos noirs, Marchionne n'est pas seulement l'homme qui a sauvé de la faillite Fiat, dont il avait pris les commandes en 2004, en remodelant profondément le groupe.

Moins de trois ans après son arrivée en septembre 2014 à la présidence de la plus célèbre écurie de F1, en remplacement de Luca di Montezemolo, la Scuderia était de nouveau capable en 2017 de lutter pour les titres mondiaux qui lui échappent depuis 2007 chez les pilotes et 2008 chez les constructeurs.

"Sergio a accompli un travail colossal pour l'industrie automobile et le sport automobile dans le monde. Il s'est entièrement consacré au redressement du groupe FIAT-Chrysler et a mis toute son énergie pour ramener la Scuderia Ferrari au sommet, a réagi dans un communiqué le président de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), Jean Todt. C'était un homme attachant, droit et courageux, un capitaine d'industrie non conformiste et visionnaire."

"C'était un grand leader, non seulement en Formule 1 et dans l'automobile, mais aussi dans le monde des affaires en général, a renchéri le patron de la F1 Chase Carey dans un autre communiqué. Il dirigeait avec beaucoup de passion, d'énergie et de perspicacité et a inspiré beaucoup autour de lui. Ses contributions en Formule 1 sont incommensurables."

"C'est un triste jour pour nous tous en F1. Nous avons perdu un grand soutien de notre sport, un concurrent féroce, un allié et un ami", a commenté sur Twitter le patron de l'écurie rivale Mercedes, Toto Wolff.

- Très impliqué -

Si les lauriers sont revenus aux Flèches d'argent et à leur star Lewis Hamilton l'an dernier, Ferrari - avec son pilote phare, l'Allemand Sebastian Vettel - apparaît en 2018 comme la première force du plateau, pour la première fois depuis le passage au moteur turbo hybride en 2014.

La Scuderia avait mal négocié ce changement de réglementation, terminant la première saison de cette nouvelle ère à la quatrième place au classement des constructeurs, sans aucune victoire en Grand Prix.

Elle a ensuite patiemment grignoté son retard sous l'impulsion de Marchionne, qui s'est entouré de talents promus en interne. A commencer par la nomination au poste clé de "team principal" en novembre 2014 de l'Italien Maurizio Arrivabene, lié à Ferrari depuis les années 1990 via le sponsoring du cigarettier Philip Morris.

Leur première saison aux affaires, en 2015, a vu l'écurie de Maranello redevenir la deuxième force du plateau et Vettel remporter trois victoires pour terminer troisième du Championnat.

Très impliqué, Marchionne suivait jusqu'au choix des pilotes, soutenant notamment la jeune carrière du Monégasque Charles Leclerc, élève de la Ferrari Driver Academy (la filière jeunes pilotes de la Scuderia), arrivé en F1 au sein de l'équipe cliente Sauber cette saison.

Il avait également oeuvré à l'accord qui a conduit à accoler au nom de l'écurie suisse celui de l'autre marque de son groupe Alfa Romeo, en échange de la fourniture à partir de la saison 2018 d'un moteur Ferrari de dernière génération à Sauber.

- Négociations sur l'avenir de la F1 -

Allié hors des circuits aux dirigeants de Mercedes, il était en pointe dans la lutte contre les orientations envisagées par les nouveaux propriétaires de la F1, les Américains de Liberty Media, et la FIA censées rendre la discipline plus égalitaire à partir de 2021, au moyen notamment d'une limitation des budgets.

Coup de bluff ou pas, il avait même menacé de retirer la Scuderia de la catégorie reine à cette date alors que Ferrari n'a jamais quitté la F1 depuis la saison inaugurale en 1950.

Sa disparition pourrait changer la donne car il n'est pas sûr que ses successeurs John Elkann et Louis Carey Camilleri montent autant au créneau dans ces négociations.

Par ailleurs, au sein de la Scuderia, elle enlève pas mal de pression des épaules du patron Arrivabene, sur la sellette en fin de saison dernière suite à son échec à conquérir les titres face à Mercedes.

Marchionne était hospitalisé à Zurich, en Suisse, depuis une opération fin juin, officiellement à une épaule, mais il a souffert de "complications inattendues" la semaine dernière et FCA avait annoncé samedi qu'il ne reviendrait pas à la tête du groupe, à laquelle il avait été immédiatement remplacé.

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