Signes d'apaisement entre Washington et les Européens sur le commerce

Signes d'apaisement entre Washington et les Européens sur le commerce
Le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross à Washington, le 12 décembre 2017MANDEL NGAN

Les Etats-Unis et les Européens ont montré lundi des signes d'apaisement dans le conflit les opposant sur la taxation des importations d'acier et d'aluminium, l'Allemagne laissant entrevoir une possible solution dès cette semaine.

"Nous avons eu un échange préliminaire très constructif sur tous les sujets relatifs à nos liens économiques et tourné particulièrement sur l'apaisement des tensions commerciales", ont déclaré dans un communiqué commun le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross et le ministre allemand de l'économie Peter Altmaier, qui ont prévu "d'autres discussions au cours des prochains jours".

M. Altmaier a lui-même fait état d'un possible compromis dès cette semaine alors que les taxes doivent entrer en application vendredi.

"Nous avons le sentiment, le secrétaire au Commerce Wilbur Ross et moi-même, que nous pourrions arriver à une solution commune cette semaine", a-t-il déclaré lors de déclarations à la presse devant la Maison Blanche.

Le président américain Donald Trump avait promulgué le 8 mars des taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium, suscitant une vague de critiques à travers le monde et faisant craindre une guerre commerciale.

Il avait toutefois exempté provisoirement le Canada et le Mexique, ses partenaires au sein de l'accord de libre-échange nord-américain (Aléna), traité en cours de renégociation. Il avait également indiqué qu'il y aurait des possibilités d'exemptions pour d'autres partenaires.

"Il est possible de trouver une solution qui puisse éviter (à tous) un grave conflit commercial", a réagi Peter Altmaier alors que l'Union européenne (UE) a menacé de prendre des mesures de représailles sur des produits américains dont les emblématiques blue-jeans Levi's, les motos Harley-Davidson ou le beurre de cacahuètes, si les taxes américaines étaient imposées aux 28 pays membres.

L'Europe a exporté en 2017 vers les Etats-Unis pour 5,3 milliards d'euros d'acier et pour 1,1 milliard d'euros d'aluminium.

Le principal fournisseur d'aluminium et d'acier des Etats-Unis est le Canada, également premier partenaire commercial.

M. Altmaier, qui a fait état de "très bonnes discussions dans une atmosphère constructive", a indiqué qu'il devait aussi rencontrer mardi le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lighthizer.

Pour autant, il a pris le soin de préciser qu'il revenait à la Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, de négocier formellement avec les Etats-Unis.

- 'Dans son ensemble' -

"Je suis en contact étroit avec la Commissaire européenne au commerce et l'Allemagne s'efforce d'apporter son soutien aux discussions", a-t-il commenté.

Mme Malmström, qui devrait rencontrer mardi et mercredi des responsables de l'administration Trump dont Wilbur Ross, a d'ores et déjà indiqué qu'elle venait à Washington avec l'intention de faire exempter l'Union européenne "dans son ensemble".

Lors d'un point de presse à Bruxelles, la Commissaire européenne de nationalité suédoise a exprimé sa volonté de travailler avec Washington et les autres partenaires dans le monde pour s'attaquer "aux racines du problème", à savoir les surcapacités dans la production d'acier.

"Nous avons différents outils à notre disposition pour le faire. Nous sommes prêts à les renforcer et à en envisager d'autres", a-t-elle ajouté sans jamais mentionner la Chine, premier producteur d'acier au monde.

La Chine n'est pas le principal fournisseur d'acier des Etats-Unis comptant pour seulement quelque 2% des importations totales mais elle produit "chaque mois en moyenne la quasi-totalité des besoins annuels des Etats-Unis", avait dénoncé Wilbur Ross.

Le département américain du Commerce a formellement ouvert lundi le processus d'exemption sur les taxes décidées par M. Trump.

Par ailleurs, une quarantaine de confédérations patronales américaines, représentant un grand pan de l'économie américaine, avaient envoyé dimanche une lettre à l'administration Trump l'exhortant à mettre fin à ses projets de taxes sur les importations en provenance de Chine, a rapporté le WSJ.

Imposer des droits de douanes importants "entraînerait une succession de conséquences négatives pour l'économie américaine", ont-elles mis en garde, rejoignant la cohorte d'experts et politiques du camp républicain qui estiment que de telles taxes auront un impact négatif sur l'économie américaine.

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