En ce moment
 

SNCF: Elisabeth Borne mise sur l'Unsa et la CFDT

SNCF: Elisabeth Borne mise sur l'Unsa et la CFDT
La ministre des transports, Elisabeth Borne, à sa sortie du Palais de l'Elysée, le 9 mai 2018CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

La ministre des Transports Elisabeth Borne compte poursuivre le dialogue avec l'Unsa et la CFDT, "qui souhaitent être forces de proposition" pour compléter sa réforme du secteur ferroviaire, avant l'examen du texte au Sénat fin mai.

"Evidemment, le gouvernement ne reviendra pas sur les principes de la réforme qui ont été votés par l'Assemblée nationale" - l'ouverture à la concurrence, la fin du recrutement au statut de cheminot et la transformation de la SNCF --, prévient-elle d'emblée dans un entretien à l'AFP.

"Mais il reste un certain nombre de champs à compléter ou à préciser sur le texte de loi lui-même, et puis la négociation doit s'intensifier au sein de l'entreprise (SNCF) et de la branche du ferroviaire. (...) Par ailleurs, on doit aussi travailler sur la trajectoire financière du secteur", note-t-elle

"On a ces sujets majeurs sur lesquels il est important d'échanger avec les organisations syndicales qui le veulent, d'ici à la discussion au Sénat" qui commencera en commission le 23 mai, relève la ministre.

"On a deux organisations syndicales qui souhaitent être forces de proposition", et avec qui "les échanges vont se poursuivre dans les prochains jours".

Ces deux syndicats sont l'Unsa et la CFDT, venus vendredi matin pour proposer leurs amendements au projet de réforme ferroviaire, bien qu'ils participent toujours au mouvement de grève.

"On a commencé à balayer les amendements ce matin, et on va continuer à le faire. Il y en a beaucoup!", s'exclame la ministre.

"Il y en a certains sur lesquels je pense que les organisations syndicales ne se font pas trop d'illusions. Quand on nous dit qu'il faut maintenir le statut d'Epic (le statut actuel de la SNCF, qui doit être transformée en société nationale à capitaux publics, ndlr), je pense qu'ils n'auront pas trop de surprises sur le fait que celui-là, nous ne le prendrons pas."

"Ensuite il y a vraiment des enjeux sur l'organisation sociale, dans le cadre de la nouvelle organisation de la SNCF. C'est des sujets dont on n'a pas trop eu l'occasion de parler et qui devront trouver des traductions législatives. On a eu des échanges avec les syndicats sur ces deux sujets-là, et puis bien sûr sur les points à compléter sur l'ouverture à la concurrence", énumère-t-elle.

- du TER au TGV -

La ministre des Transports compte aussi poursuivre son offensive pédagogique.

"On va organiser une réunion de travail spécifique pour bien expliquer la logique dans laquelle se place le gouvernement", annonce-t-elle.

"On aura un volet sur l'augmentation des investissements dans le réseau, il y a évidemment une trajectoire d'amélioration de la productivité, et ensuite le désendettement assure le bouclage du système pour que, en 2022, la SNCF puisse financer ce programme d'investissements renforcé sans augmenter sa dette."

Elle compte bien sûr sur la présence de l'Unsa et la CFDT. Et quant aux autres syndicats, la CGT et SUD Rail qui ne viennent plus à ses réunions depuis trois semaines: "Tout le monde est invité par principe. Et chacun prend ses responsabilités."

Si le gouvernement ne veut selon elle "pas interférer dans la négociation au sein de l'entreprise" SNCF, qui doit s'inventer un nouveau pacte social après la fin de l'embauche au statut de cheminot en 2020, il "va s'engager pour que la négociation de branche aboutisse".

"Il y a beaucoup de thématiques, et il faut qu'elles soient précisément identifiées", explique-t-elle.

Elisabeth Borne cite celles qui sont déjà au programme des futures négociations entre les partenaires sociaux --qualification, rémunération, prévoyance--, mais "il y a aussi des sujets sur lesquels les organisations syndicales sont demandeuses, notamment sur la sécurisation des parcours professionnels" dans la branche, d'un employeur à l'autre, une fois que le rail sera ouvert à la concurrence.

"Evidemment, c'est un enjeu majeur", souligne-t-elle. "C'est notamment le cas des conducteurs qui sont rentrés comme conducteurs de TER et qui doivent avoir la possibilité de devenir conducteurs de TGV", même après avoir travaillé chez un concurrent.

Vos commentaires