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SNCF: la grève "continue" pour "aller au bout" du processus parlementaire, dit la CFDT

SNCF: la grève
Le Premier ministre Edouard Philippe reçoit le secrétraire général de la CFDT Laurent Berger à Matignon, le 25 mai 2018JACQUES DEMARTHON

La grève à la SNCF contre le projet de loi de réforme ferroviaire "continue avec le calendrier fixé" car "nous avons besoin de la mobilisation pour aller jusqu'au bout" du processus parlementaire, a déclaré vendredi à Matignon le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

"Il y a une CMP (commission mixte paritaire, ndlr) annoncée mi-juin. Jusqu'à cette CMP, la mobilisation continue pour nous. On continue de jouer notre rôle d'organisation syndicale qui se mobilise et qui propose", a dit M. Berger, à la sortie d'un entretien avec le Premier ministre Edouard Philippe.

"Il y a encore l'examen au Sénat, il y aura ensuite la CMP, il y aura, nous le souhaitons, (une) réunion tripartite (sur la convention collective nationale du transport ferroviaire, ndlr). Dans ce cadre-là, nous allons continuer de peser pour que des amendements soient repris dans le texte de loi, peser pour que cette réunion tripartite ait lieu", a-t-il détaillé.

M. Berger a "pris note positivement" des annonces sur la reprise de 35 milliards d'euros de la dette de la SNCF et sur des investissements supplémentaires: "C'était nécessaire."

La CFDT "a juste alerté en disant que les gains de productivité qui allaient être demandés à l'entreprise pour ne pas s'endetter à nouveau ne pouvaient pas se faire sans un dialogue social plus performant qu'il ne l'est aujourd'hui à la SNCF, et sans discussion sur l'organisation du travail avec les organisations syndicales", a souligné M. Berger.

Concernant la convention collective nationale du transport ferroviaire, "nous avons demandé que l'Etat organise une réunion tripartite pour fixer les thèmes de la discussion qui aillent encore plus loin que le document remis hier (jeudi) par l'UTP" (l'organisation patronale du secteur), a-t-il précisé.

"En sortant (de cette réunion avec le Premier ministre), on se dit qu'on n'a pas travaillé pour rien, qu'on n'a pas porté l'ambition du ferroviaire pour rien, qu'on n'a pas porté l'ambition d'avoir un cadre social de haut niveau pour les cheminots pour rien", mais "la satisfaction, ce sera à la fin du marathon", a-t-il prévenu.

"Le gouvernement avait dit que c'était une réforme marathon car il y a tout un tas de sujets à tiroir. On est encore dans le marathon et quand on court un marathon, on ne s'arrête pas dans les dix derniers kilomètres, on continue de courir", a-t-il relevé.

La commission mixte paritaire est composée de 7 députés et 7 sénateurs, pouvant être réunie à l'initiative du Premier ministre. Elle peut être convoquée après une seule lecture dans chaque Assemblée, lorsqu'un désaccord est constaté à l'issue de la navette, dans le cadre d'une procédure accélérée.

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