SNCF: Philippe "ouvert" à une reprise de la dette, mais avec des "contreparties"

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Edouard Philippe à l'Elysée le 4 avril 2018ludovic MARIN

Edouard Philippe est "ouvert" à une reprise d'une partie de la lourde dette de la SNCF, mais avec des "contreparties" qui soient "extrêmement claires", a réaffirmé le Premier ministre jeudi matin sur France Inter.

"Je suis ouvert à la discussion mais pas n'importe comment, pas à n'importe quel rythme, et en contrepartie d'engagements extrêmement clairs, extrêmement fermes, et qui transforment le fonctionnement opérationnel de l'entreprise", a déclaré le chef du gouvernement.

"Cette question, elle est devant nous", a-t-il dit en évoquant la réunion prévue jeudi au ministère des Transports avec direction et syndicats, au lendemain des deux premiers jours de grève à la SNCF contre la réforme ferroviaire de l'exécutif Macron.

"Je ne veux pas prendre un engagement alors même qu'à ce stade, rien n'a changé dans le fonctionnement de la SNCF (...) Je ne veux pas dire aux Français qu'(ils) vont payer cette dette et la reprendre alors qu'ils n'ont aucun élément leur permettant de penser qu'à l'avenir, on ne va pas tomber dans 3 milliards (d'euros) de déficit" supplémentaire chaque année, a justifié le Premier ministre.

Quand l'exécutif pourra-t-il donner sa position sur la dette? C'est "trop tôt pour le dire (...) c'est une discussion qui est en cours", a-t-il affirmé.

Mercredi, le rapporteur de la réforme Jean-Baptiste Djebarri (LREM) avait indiqué que le sort de la dette ferroviaire, qui a ressurgi lors des premiers débats en commission à l'Assemblée nationale, sera évoqué "dans les jours qui viennent", lorsque sera connu le nouveau statut juridique de la SNCF.

Le gestionnaire des infrastructures ferroviaires françaises, rebaptisé SNCF Réseau en 2015, a accumulé 47 milliards d'euros de dette. Une somme à laquelle il convient d'ajouter huit milliards d'endettement de SNCF Mobilités, entité du groupe public chargée de la circulation des trains.

La charge de la dette, c'est-à-dire son remboursement et les intérêts annuels, avoisine un milliard d'euros par an.

Ce passif financier, d'un niveau colossal, "menace d'engloutir le système", avait fait valoir M. Philippe en lançant la réforme ferroviaire, qui prévoit notamment la fin du recrutement au statut des cheminots.

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