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Syrie: Lafarge contestera des infractions "qui ne reflètent pas équitablement" ses responsabilités

Syrie: Lafarge contestera des infractions
Lafarge contestera des "infractions qui ne reflètent pas équitablement (ses) responsabilités"Bertrand GUAY
Syrie

Le cimentier Lafarge, mis en examen notamment pour complicité de crime contre l'humanité, a annoncé jeudi qu'il contesterait des "infractions qui ne reflètent pas équitablement (ses) responsabilités".

Lafarge SA, holding actionnaire majoritaire de Lafarge Cement Syria, sa filiale accusée d'avoir financé des groupes jihadistes en Syrie - dont l'organisation Etat islamique - pour maintenir son activité en pleine guerre, a été mise en examen pour "complicité de crime contre l'humanité", "financement d'une entreprise terroriste" et "mise en danger de la vie" des anciens salariés de l'usine de Jalabiya, dans le nord de la Syrie.

Dans un communique, "Lafarge SA reconnaît que le système de supervision de sa filiale syrienne ne lui a pas permis d'identifier les manquements survenus à la suite d'une violation sans précédent des règlements et des règles de conformité internes par quelques personnes qui ont quitté le groupe".

Cependant, l'entreprise entend exercer un recours contre des "infractions reprochées qui ne reflètent pas équitablement les responsabilités de Lafarge SA", annonce-t-elle, sans préciser si elle vise ainsi l'intégralité des chefs de mise en examen ou une partie seulement.

Un tel recours, qui consiste à demander l'annulation d'une mise en examen, est examiné par la chambre de l'instruction.

"Nous regrettons profondément ce qui s'est passé dans notre filiale syrienne et, dès que nous en avons été informés, nous avons immédiatement pris des mesures fermes. Aucune des personnes mises en examen n'est aujourd'hui dans l'entreprise", a ajouté Beat Hess, président du conseil d'administration de LafargeHolcim, qui est la maison-mère de Lafarge SA.

"A plusieurs reprises, y compris aujourd'hui devant les juges d'instruction, la société Lafarge SA a confirmé que des erreurs individuelles inacceptables ont été commises en Syrie jusqu'à l'évacuation du site en septembre 2014, ce qu'elle regrette et condamne avec la plus grande fermeté. La société continuera à pleinement coopérer avec les autorités judiciaires dans cette affaire", a-t-elle ajouté.

Avant Lafarge SA, huit dirigeants et cadres, dont l'ancien PDG de Lafarge de 2007 à 2015, Bruno Lafont, ont été mis en examen.

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