Tennis: le jugement du patron de la FFT pour favoritisme mis en délibéré au 28 mars

Tennis: le jugement du patron de la FFT pour favoritisme mis en délibéré au 28 mars
Le président de la Fédération de tennis Bernard Giudicelli, le 2 juin 2017 à Roland-GarrosGabriel BOUYS

Le jugement du président de la Fédération française de tennis (FFT), Bernard Giudicelli, qui comparaissait mardi à Bastia pour un délit de favoritisme dans la construction d'un centre de tennis près de Bastia, a été mis en délibéré au 28 mars.

Mardi soir, la procureure adjointe de Bastia, Frédérique Olivaux-Rigoutat, a requis contre Bernard Giudicelli et Paul Navari, maître d’œuvre du chantier visé et jugé pour complicité, une peine de six mois de prison avec sursis ainsi qu'une amende de 5.000 euros, également assortie de sursis.

La justice reproche à M. Giudicelli un défaut de publicité lors de la construction d'un centre de tennis pour les jeunes à Lucciana, près de Bastia, un marché de 2,8 millions d'euros subventionné à 50% par le Conseil territorial de Corse (CTC), la limite à partir de laquelle une mise en concurrence transparente des entreprises doit avoir lieu.

Un entrepreneur s'estimant lésé avait porté plainte, affirmant ne pas avoir eu connaissance du marché. La Ligue corse avait fait paraître l'appel d'offre seulement sur son site web et non dans un journal professionnel.

Au moment des faits en 2013, M. Giudicelli présidait la Ligue corse. Elu en février 2017 à la tête de la FFT, Bernard Giudicelli s'est dit mardi "écoeuré" d'avoir donné 30 ans de sa vie au tennis, de s'être battu pour donner deux courts couverts au tennis corse et d'entendre parler, en réponse, de prison.

"La seule chose que j'ai favorisée, c'est le tennis" corse, a déclaré M. Giudicelli devant le tribunal.

Les avocats de MM. Giudicelli et Navari ont plaidé la relaxe, avançant que le favoritisme n'était pas constitué. "Le favoritisme ne tient pas pour des raisons de droit et le procureur a reconnu d'ailleurs que la probité de Bernard Giudicelli n'était pas en cause, ce qui rend les réquisitions incompréhensibles", a indiqué à l'AFP Me Bruno Quentin, avocat de M. Giudicelli.

En novembre 2015, le tribunal avait dans un premier temps donné raison à l'avocat de Bernard Giudicelli qui soutenait que sa convocation était trop imprécise pour lui permettre de préparer sa défense.

En juin dernier, lors d'une nouvelle audience, le tribunal avait renvoyé le procès à la suite d'une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) posée par les conseils de Paul Navari. Une autre QPC a été posée mardi après-midi en début d'audience par Me Bruno Quentin, mais le tribunal correctionnel de Bastia l'a rejetée, permettant un examen sur le fond de l'affaire.

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