Tokyo adopte un arrêté anti-tabac, avant une loi nationale moins sévère

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La municipalité de Tokyo a adopté mercredi un arrêté pour lutter contre le tabagisme passif, interdisant de fumer dans les espaces publics de façon plus stricte que ne le prévoit une loi en préparation au niveau national.

"Nous sommes désormais prêts à accueillir des manifestations sportives internationales comme la coupe du monde de rugby en 2019 et les jeux Olympiques en 2020", s'est réjouie la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, tout en reconnaissant que les règles sont encore plus dures à l'étranger.

Depuis qu'elle a été élue à l'été 2016, elle promet des JO sans tabac dans les lieux accueillant du public, visant notamment les dizaines de milliers de bars et restaurants de la capitale.

Le nouvel arrêté municipal adopté mercredi, et qui doit entrer en vigueur en 2019, prévoit que les restaurants seront non-fumeurs. Toutefois, il sera possible d'y installer, sous certaines conditions, des espaces clos pour fumer, lieux où la nourriture et les boissons ne seront pas servies, afin de protéger le personnel contre le tabagisme passif.

La cigarette sera aussi totalement interdite dans l'enceinte des établissements scolaires.

Le texte de loi nationale en préparation, lui, est bien moins sévère puisqu'il n'oblige pas les restaurants de petite surface (moins de 100 m2) à interdire de fumer, ce qui veut dire que 55% des établissements seront de facto exemptés.

Cette loi, qu'une partie des membres du Parti libéral-démocrate (PLD, droite) au pouvoir a dépecé au fil des discussions, indigne les associations de victimes de cancers liés au tabagisme passif.

"Il sera toujours possible de fumer dans l'enceinte des établissements scolaires, c'est contraire à la mission de l'école qui est d'enseigner l'importance de la vie", reproche Kazuo Hasegawa, président d'une association de personnes atteintes d'un cancer lié au tabac. Sa maladie est selon lui due au fait qu'il a grandi au côté d'un père très gros fumeur et travaillé avec des collègues consommateurs à haute dose.

M. Hasegawa appelle à une interdiction totale dans les lieux accueillant du public.

Mais les élus du PLD se veulent proches des petits propriétaires de restaurants et bars qui craignent une fuite de la clientèle.

Les fumeurs, eux, se plaignent d'être chassés de partout, arguant qu'il est déjà interdit de fumer dans la rue, même s'ils bénéficient d'espaces dédiés avec cendriers.

Si la législation actuelle interdit la vente de cigarettes aux moins de 20 ans, les associations de lutte contre le tabagisme reprochent à la loi qui devrait être prochainement adoptée de ne pas totalement proscrire le tabac dans les établissements scolaires et les hôpitaux, où pourront toujours être aménagés des coins fumeurs.

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