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Toshiba boucle la vente de sa filiale de puces mémoires pour 18 milliards d'euros

Toshiba boucle la vente de sa filiale de puces mémoires pour 18 milliards d'euros
Le japonais Toshiba a finalisé la vente de sa filiale de puces mémoires, Toshiba Memory, à un consortium mené par le fonds américain Bain CapitalKAZUHIRO NOGI

Le conglomérat industriel japonais Toshiba a annoncé avoir bouclé vendredi la vente de sa filiale de puces mémoires, Toshiba Memory, à un consortium mené par le fonds américain Bain Capital pour 2.300 milliards de yens (18 milliards d'euros).

L'acheteur est une société appelée Pangea, spécialement créée par ce consortium.

Toshiba gardera néanmoins voix au chapitre dans l'activité des puces puisqu'il est lui-même devenu actionnaire de Pangea à hauteur de 40,2% des droits de vote via un réinvestissement de 350,5 milliards de yens.

Le groupe indique qu'il va gérer cette participation avec la Banque de développement du Japon et le fonds semi-public japonais INCJ, lesquels auront un droit de regard sur les décisions de Toshiba en tant qu'actionnaire de Pangea.

Toshiba a longtemps hésité avant de choisir le repreneur de son activité de mémoires en raison d'un conflit avec son partenaire américain SanDisk, sous la coupe de Western Digital.

En se défaisant de son activité de puces-mémoires, Toshiba renforce son assise financière et se déleste d'une division qui, pour suivre les évolutions technologiques et rester dans la course, requiert énormément d'investissements.

Mais dans le même temps, il se prive de sa vache à lait. Toshiba dominait en effet avec le sud-coréen Samsung ce marché des puces mémoires utilisées dans un nombre grandissant d'appareils numériques, des smartphones aux ordinateurs en passant par les disques durs SSD, les enregistreurs audio, etc.

La décision de vendre Toshiba Memory avait été prise à la suite d'une série de scandales qui ont laminé les finances du groupe. Il risquait la radiation de la Bourse de Tokyo s'il restait insolvable au 31 mars 2018.

Finalement, même sans avoir bouclé la vente à cette échéance, Toshiba a réussi à se tirer d'affaire en cédant des droits de créances de sa filiale nucléaire américaine Westinghouse après son dépôt de bilan.

Estimant à 970 milliards la recette nette exceptionnelle liée à cette vente, Toshiba escompte même pour cette année un bénéfice net de 1.070 milliards de yens (8,4 milliards d'euros), nouveau record mais tout autant artificiel que celui de l'an passé, lui aussi dû à des gains non récurrents.

Une conférence de presse de la direction de Toshiba et de celle de Bain Capital au Japon est prévue lundi à la mi-journée à Tokyo.

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