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Toshiba Memory prévoit d'investir, de grossir et d'entrer en Bourse

Toshiba Memory prévoit d'investir, de grossir et d'entrer en Bourse
Yasuo Naruke, patron de Toshiba Memory Corp., cédée au fonds américain Bain capital, lors d'une conférence sur la stratégie de croissance du groupe à Tokyo le 4 juin 2018Behrouz MEHRI

Toshiba Memory, entreprise spécialisée dans les puces-mémoires Flash Nand, récemment cédée par Toshiba à un consortium mené par le fonds américain Bain Capital, table sur la croissance du marché des mémoires, prévoit de gros investissements et espère entrer en Bourse ensuite, selon ses dirigeants.

"Nous avons une stratégie de croissance fondée sur l'augmentation des capacités de production en fonction des évolutions du marché", a expliqué lors d'une conférence de presse à Tokyo le patron de Toshiba Memory, Yasuo Naruke.

La firme, qui travaille en partenariat avec Western Digital (via sa filiale SanDisk), a déjà un très important centre industriel à Yokkaichi (centre du Japon), et une nouvelle usine, à Iwate (nord-est), devrait entrer en production en 2020.

"Nous réfléchissons à l'implantation de l'usine suivante", a aussi indiqué le patron qui s'est montré confiant pour les perspectives du marché, notamment grâce aux smartphones, tablettes et disques durs dits SSD embarquant des puces-mémoires en lieu et place d'un véritable disque de stockage de données.

Toshiba Memory s'active pour réduire l'écart avec le numéro un du secteur, le sud-coréen Samsung Electronics, qui a pris de l'avance durant la crise traversée par la maison-mère Toshiba.

La compagnie mise sur l'augmentation des performances techniques avec les mémoires Nand 3D où les données ne sont pas seulement inscrites en surface de la puce mais aussi sur 64 couches (ou bientôt 96 couches) en profondeur.

Toshiba Memory prévoit entre autres l'embauche de 500 techniciens-chercheurs supplémentaires dans les deux ans.

Le directeur de Bain Capital au Japon, Yuji Sugimoto, a de son côté insisté sur la nécessité "de garantir l'indépendance de l'entreprise", alors que le fonds semi-public japonais INCJ et la Banque de développement du Japon, deux outils financiers du gouvernement japonais, sont présentés comme potentiels investisseurs dans Toshiba Memory.

"J'ai entendu dire qu'ils étaient intéressés mais nous n'avons pour le moment pas de discussions à ce sujet. Ce qui est important c'est l'intérêt que cela présente ou non pour Toshiba Memory, c'est de ce point de vue que nous étudierons ce cas", a précisé M. Sugimoto.

Bain Capital a repris Toshiba Memory pour 2.300 milliards de yens (18 milliards d'euros) avec le soutien de banques, d'entreprises américaines (Apple, Dell, Seagate et Kingston), et l'apport, via un schéma financier à part, du sud-coréen SK Hynix, concurrent dans le domaine des mémoires.

Le but de Bain, qui envisage "des partenariats et opérations de fusions/acquisitions jugés indispensables pour survivre sur le marché des semi-conducteurs", est que Toshiba Memory soit d'ici trois ans une société attractive qui puisse entrer en Bourse.

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