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Total défend son projet de bioraffinerie et interpelle les agriculteurs

Total défend son projet de bioraffinerie et interpelle les agriculteurs
Le PDG de Total Patrick Pouyanné lors de la cérémonie d'ouverture d'une raffinerie de pétrole modernisée à Anvers, le 30 novembre 2017 (photo Belga)NICOLAS MAETERLINCK

Le PDG de Total Patrick Pouyanné a défendu vendredi son projet de bioraffinerie à La Mède (Bouches-du-Rhône), alors que le syndicat agricole FNSEA a prévu de bloquer des raffineries pour protester contre la hausse attendue des importations d'huile de palme.

"Nous rendons la France plus indépendante en termes de biodiesel. Est-ce qu'on préfère que ce biodiesel soit importé ou produit en France avec des emplois à la clef?", a déclaré le dirigeant à quelques journalistes, à l'issue de l'assemblée générale du groupe pétrolier et gazier.

"Est-ce que les agriculteurs savent qu'il y a une société qui leur est affiliée qui importe 200.000 tonnes d'huile de palme pour faire des biodiesels en France?", a aussi demandé Patrick Pouyanné. "Je voudrais que les agriculteurs soient cohérents".

La remarque semble viser le géant agro-industriel Avril, dont l'ancien président Xavier Beulin, décédé soudainement en 2017, était aussi le patron de la FNSEA, le principal syndicat agricole.

Ce dernier a annoncé jeudi le blocage des raffineries "dans toute la France" à partir du 10 juin en réaction notamment à la hausse attendue des importations d'huile de palme.

"Nous avons décidé ... de prendre 50.000 tonnes de colza français dans cette raffinerie. Donc on fait des efforts et franchement ces 50.000 tonnes ne sont pas les plus rentables du mix de végétaux qu'on va mettre dans cette bioraffinerie", a aussi souligné Patrick Pouyanné.

La bioraffinerie doit démarrer cet été ou "plutôt à la rentrée", en septembre, pour être en pleine capacité à la fin de l'année, a-t-il indiqué.

Le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot avait demandé à Total de limiter l'utilisation de l'huile de palme, accusée de participer à la déforestation dans le monde et notamment en Malaisie et en Indonésie.

Le groupe s'est engagé à limiter son approvisionnement en huile de palme brute à moins de 50% des volumes de matières premières qui seront traitées sur le site, soit au plus 300.000 tonnes par an.

La bioraffinerie doit utiliser des huiles végétales "certifiées durables" mais aussi des huiles usagées et résiduelles et des graisses animales. Elle doit produire 500.000 tonnes de biodiesel par an.

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