Travail saisonnier: La FNSEA vent debout contre la fin des exonérations de charges

Travail saisonnier: La FNSEA vent debout contre la fin des exonérations de charges
Le syndicat entend mobiliser ses troupes dans la France entière dans la semaine du 5 septembreERIC PIERMONT

La FNSEA, syndicat agricole majoritaire, appelle ses troupes à se mobiliser à la rentrée contre la suppression de l'exonération des charges sociales pour les travailleurs saisonniers, a-t-on appris auprès du syndicat, confirmant une information du journal L'Opinion.

Le syndicat entend mobiliser ses troupes dans la France entière dans la semaine du 5 septembre contre cette orientation budgétaire qui va renchérir à compter de janvier 2019 le coût de la main-d'œuvre dans des secteurs où il représente "40 à 70% des charges de l'exploitation agricole", a déclaré à l'AFP Jérôme Volle, vigneron en Ardèche, et vice-président de la FNSEA. La forme que prendra cette mobilisation n'a pas été précisée.

"On sera encore moins compétitifs qu'on ne l'est aujourd'hui par rapport aux autres pays européens, notamment ceux qui ont un coût de la main-d'œuvre très bas", a déploré M. Volle.

Pour le travail saisonnier, "aujourd'hui, en Espagne, on est de six à neuf euros de l'heure, sachant qu'en France on est autour de 12 euros. Si jamais demain on enlevait les exonérations, on passerait à 14 euros", a prédit M. Volle, qui craint des fermetures d'exploitations.

Principales productions menacées, selon lui, les fruits et légumes (carottes, pêches, abricots, asperges...), la viticulture et l'horticulture.

"Il y a 930.000 contrats saisonniers signés chaque année, cela représenterait un coût supplémentaire de 177 millions d'euros", a pesté Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, citée dans L'Opinion.

"Nous avons rencontré Bercy et le ministère de l'Agriculture et nous avons eu confirmation que (le maintien des exonérations) n'était pas leur priorité, même si aujourd'hui le président de la République et le Premier ministre ont demandé au ministère de l'Agriculture de voir comment il pouvait répondre à nos attentes, et ne pas endommager le secteur agricole, mais aujourd'hui on n'a pas de proposition", a déclaré M. Volle.

Ce dispositif d'aide à l'embauche des travailleurs saisonniers, parfois appelé TO/DE (travailleur occasionnel/demandeur d'emploi), qui prévoit l'exonération d'une grosse partie des charges patronales, "permet au salarié de garder tous ses droits", affirme par ailleurs M. Volle.

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