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Trottinettes et code de la route: les fabricants s'adaptent à une nouvelle donne

Trottinettes et code de la route: les fabricants s'adaptent à une nouvelle donne
Une trottinette électrique à Paris, le 1er avril 2019KENZO TRIBOUILLARD

Les trottinettes entrent dans le code de la route avec de nouvelles conditions réglementaires et techniques, mais les fabricants et distributeurs français semblent plutôt préparés à cette mesure, attendue depuis longtemps.

Sans chambouler tout le marché, le décret de modification du code de la route publié vendredi impose plusieurs règles qui concernent tant les fabricants que les loueurs de trottinettes en libre-service.

Limitation de la vitesse des engins à 25 km/h dès la conception, obligation d'être équipé de freins et de feux, souscription à une assurance impérative, nouvelles règles de circulation: le décret clarifie la place des engins de déplacement personnels motorisés.

"Une bonne nouvelle", pour Dott. "Une très bonne chose" pour Trottix. Un "cadre législatif bénéfique", pour Altermove.

Ces acteurs du secteur interrogés par l'AFP saluent une réglementation attendue depuis longtemps, globalement satisfaisante et permettant officiellement à ces nouveaux véhicules électriques de circuler.

Les fabricants et distributeurs, qui étaient dans la confidence des discussions autour de cette réglementation, n'ont pas été pris au dépourvu et s'y étaient préparés.

Le concepteur français Trottix propose déjà des modèles de trottinettes tous conformes au décret. "La philosophie de notre entreprise est de fournir un véritable véhicule, donc le freinage est primordial et la vitesse de 25 km/h est largement suffisante pour la fonction de mobilité", explique à l'AFP Arnaud Lacreuse, le fondateur de la marque.

- Brider les trottinettes -

A l'inverse de Trottix, certains fabricants étrangers se vantaient de la puissance de leurs engins. Ecologic, distributeur du chinois E-Twow, déplore que "le cadre ne permette pas d'offrir un contexte pour les produits plus puissants", puisqu'il est interdit de posséder un engin conçu pour rouler à plus de 25 km/h.

Son patron, Carel Wijngaards, fait le parallèle avec les vélos électriques qui sont autorisés à rouler jusqu'à 45 km/h. S'il est d'accord avec une limitation globale à 25km/h, un cadre pour l'usage de trottinettes plus rapides sur des voies privées aurait été bienvenu d'après lui.

Les vendeurs ont prévu de se mettre aux normes et de proposer uniquement des véhicules bridés, mais le problème se pose pour les personnes qui ont déjà acheté une trottinette pouvant dépasser les 25 km/h. Même s'il respecte la limitation, le conducteur est passible d'une amende de 1.500 euros.

"Nous cherchons des solutions avec les fabricants pour proposer un service de bridage des trottinettes. Nous avions demandé, lors des consultations du ministère de l'Intérieur, une période de transition pour effectuer ces ajustements, malheureusement cela n'a pas été retenu", regrette Stéphane Baillet, directeur général d'Altermove, distributeur français de véhicule de mobilité douce. L'opération mécanique de bridage des engins devrait coûter entre 20 et 50 euros selon lui.

Côté location de trottinettes en "free-floating", la question de l'assurance s'est déjà posée et les interrogations ont été renforcées après plusieurs accidents mortels impliquant ces véhicules électriques, obligeant les opérateurs à prendre des mesures.

"Lorsque vous louez une trottinette Lime, vous avez une assurance civile générale et une assurance civile aux tiers, il suffit d'appeler le service client pour démarrer le processus", affirme Arthur-Louis Jacquier, directeur général de Lime France. Aucune clause ne concerne toutefois l'assurance dans les conditions générales d'utilisation du loueur, mais ces dernières "seront bientôt mises à jour", assure M. Jacquier.

Nicolas Gorse, le directeur général France de l'opérateur Dott, note un "régime des trottinettes aligné sur celui des vélos, logique et adapté". Concernant "les obligations de circulation, nous alertons déjà nos utilisateurs sur des règles de sécurité élémentaires", ajoute-t-il.

Concernant les autres règles imposées par le code de la route (notamment les dispositifs réfléchissants la nuit, l'âge des conducteurs, l'interdiction de monter à deux sur un engin) les loueurs vont inciter leurs usagers à les respecter, mais ne vont pas fournir de matériel supplémentaire. Charge maintenant aux utilisateurs de s'équiper dès samedi.

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