Trudeau défend un projet d'oléoduc à l'origine d'une crise au Canada

Trudeau défend un projet d'oléoduc à l'origine d'une crise au Canada
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le 13 avril 2018 au Sommet des Amériques à Lima, au PérouLuka GONZALES

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, en visite officielle en France ces prochains jours, a défendu dimanche le projet d'agrandissement d'un oléoduc vers le Pacifique à l'origine d'une crise politique liée au pétrole dans son pays.

"Les Canadiens et les gens à travers le monde savent que l'on ne peut plus faire un choix entre ce qui est bon pour l'environnement et ce qui est pour bon pour l'économie. Il faut faire les deux en même temps, et, surtout, il faut financer la transition vers la réduction de l'utilisation de produits pétroliers", a plaidé M. Trudeau dans un entretien publié dimanche sur le site internet du journal français Les Echos, à la veille de sa visite officielle en France lundi et mardi.

M. Trudeau doit arriver dimanche en France, après avoir participé au Sommet des Amériques au Pérou qui s'est achevé samedi. Mais avant son départ pour la France, il a été contraint de regagner Ottawa dimanche et de modifier à la dernière minute son agenda international pour tenter de résoudre cette crise.

Son gouvernement a autorisé en 2016 la société américaine Kinder Morgan à faire passer de 300.000 à 890.000 barils par jour la capacité de son oléoduc Trans Mountain qui achemine les sables bitumineux de l'Alberta vers la banlieue de Vancouver.

Mais la province de Colombie-Britannique - d'où ce pétrole devrait être chargé sur des navires vers l'Asie et qui redoute qu'un accident vienne polluer ses côtes majestueuses - y est résolument opposée et a décidé de porter l'affaire en justice, épaulée par une coalition d'écologistes et de communautés autochtones.

L'Alberta, troisième réserve d'or noir de planète, menace en retour cette province voisine de représailles économiques "très agressives".

La société Kinder Morgan menace, elle, d'abandonner le projet. Le projet du groupe américain est actuellement le seul pouvant à court terme permettre à l'industrie pétrolière de l'Alberta d'écouler sa production croissante alors que le réseau canadien d'oléoducs est saturé.

M. Trudeau doit recevoir dimanche à Ottawa les Premiers ministres des deux provinces.

"Pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris (sur le climat, NDLR), l’Alberta (...) a mis une limite absolue sur les émissions de gaz à effet de serre; parce que nous avons pu démontrer que l’on appuierait le nouvel oléoduc (...)", a poursuivi M. Trudeau.

"Il est certain que des gens de gauche, des écologistes sont préoccupés mais aussi des gens de droite qui n'aiment pas l'idée d’une taxation sur le carbone. Mais la grande majorité des Canadiens comprend qu'il faut être responsable par rapport aux générations futures", a-t-il estimé.

Près de 200 pays et organisations s'étaient mis d'accord à Paris fin 2015, après d'intenses négociations, s'engageant pour la réduction des émissions de carbone, allant jusqu'à 2030.

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