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Trump attise le conflit commercial avec la Chine

Chine

Donald Trump a relancé jeudi la guerre commerciale contre Pékin, en annonçant son intention d'étendre des droits de douane supplémentaires à toutes les importations en provenance de Chine, provoquant la stupeur sur les marchés, inquiets de l'impact sur l'économie américaine.

Dans une série de tweets, le président américain, qui brigue un deuxième mandat, a précisé que son administration allait infliger, à compter du 1er septembre, "de petits droits de douane supplémentaires de 10% sur les 300 milliards de dollars" d'importations chinoises jusque-là épargnées.

"Imposer des droits de douane n'est en aucune façon une manière constructive de résoudre les frictions économiques et commerciales", a commenté le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, depuis Bangkok, en marge d'une réunion de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean).

L'annonce de Donald Trump a fait l'effet d'une bombe sur les marchés: le pétrole a terminé en recul de près de 8% à New York et les principaux indices boursiers à Wall Street ont fini dans le rouge.

La réaction des marchés asiatiques a été identique à l'ouverture: la Bourse de Tokyo perdait vendredi plus de 2% vers 01H30 GMT et les Bourses chinoises ont ouvert en forte baisse, Hong Kong cédant 2,32% et Shanghai 1,63%.

Les cours du pétrole reprenaient toutefois quelques couleurs: vers 01H11 GMT le baril de WTI américain progressait de 1,17% par rapport à la clôture jeudi à New York, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord prenait 1,3%.

"Je ne suis pas inquiet" de la baisse des marchés, a ensuite assuré Donald Trump à des journalistes. "Je m'y attendais", a-t-il ajouté.

- Une surprise -

Il a en outre estimé que le président chinois Xi Jinping voulait bien un accord mais a jugé qu'il "n'allait pas assez vite".

M. Trump a aussi prévenu qu'il pourrait augmenter encore les tarifs douaniers sur les produits chinois si Pékin n'acceptait pas les exigences américaines. Il a évoqué la possibilité d'aller "bien au-delà de 25%".

Si ces futures taxes étaient effectivement mises en oeuvre, c'est la totalité des importations venant du géant asiatique qui serait alors surtaxée.

Pour autant, Donald Trump, qui n'a cessé de souffler le chaud et le froid dans ce conflit, affirme que les discussions vont se poursuivre comme prévu "début septembre".

Mais le président du conseil économique sino-américain (USCBC) Craig Allen redoute que cette décision ne conduise les Chinois à abandonner les négociations.

L'hôte de la Maison Blanche justifie sa décision par le fait que Pékin n'a pas tenu à ses yeux deux engagements très importants: achats massifs de produits agricoles américains et arrêt des ventes de fentanyl, un opiacé très puissant qui fait des ravages aux Etats-Unis et dont la Chine est l'un des principaux producteurs.

Pourtant, Pékin a affirmé jeudi avoir acheté ces dernières semaines davantage de produits agricoles américains. Et les négociations entre Américains et Chinois avaient semblé reprendre dans un climat relativement apaisé cette semaine à Shanghai.

Mercredi, les deux parties avaient même fait état de discussions "productives" pour tenter de mettre fin à une guerre commerciale déclenchée il y a un peu plus d'un an.

- "Joue avec le feu" -

"On ne l'a pas vu venir", a réagi Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert Financial Services.

Washington impose déjà des droits de douane supplémentaires de 25% sur plus de 250 milliards de dollars de biens chinois. Pékin a rétorqué en imposant en retour des tarifs douaniers supplémentaires sur quelque 110 milliards de dollars de produits américains.

Jusqu'alors, l'administration américaine avait épargné les biens de consommation courante si bien que l'économie américaine, tirée par la consommation des ménages, est restée relativement à l'abri de la guerre commerciale.

Mais la perspective de droits de douane affectant tous les biens a provoqué la stupeur sur les marchés. L'action du groupe Best Buy, une chaîne de magasins vendant de l'électronique grand public, a chuté de 9% immédiatement après l'annonce.

Le président "joue avec le feu", avertit Gregori Volokhine.

Donald Trump s'est lancé dans une guerre tarifaire contre la Chine pour obtenir des autorités chinoises qu'elles mettent fin aux subventions aux entreprises d'Etat, aux transferts de technologies imposés aux entreprises étrangères ou encore aux "vols" de la propriété intellectuelle américaine.

Et il a prévenu: il veut "un bon accord" commercial ou pas d'accord du tout. Jeudi, il est même allé jusqu'à affirmer qu'il pouvait se passer de faire du commerce avec la Chine.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, également présent vendredi à Bangkok comme son homologue chinois, a accusé Pékin de "protectionnisme" et de "stratégie prédatrice".

"La Chine a tiré parti des échanges commerciaux (...) Il est temps que cela cesse", a-t-il martelé.

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