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Trump s'envole pour le G7 et menace la France de représailles sur le vin

Le ton est donné: le président américain Donald Trump s'est envolé vendredi soir pour le sommet du G7 à Biarritz en menaçant d'imposer des droits de douane supplémentaires sur les vins français.

Avant même le début de cette réunion dans la station balnéaire française, le tempétueux locataire de la Maison Blanche a montré qu'il n'entendait en rien renoncer à son style combatif et volontiers provocateur.

Le sommet du G7 rassemble les chefs d'Etat et de gouvernement des sept pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Lors de l'édition 2018, au Québec, Donald Trump avait provoqué de vifs remous en traitant le Premier ministre canadien Justin Trudeau de "malhonnête" et en refusant de signer la déclaration finale du sommet.

Lors d'un échange avec des journalistes dans les jardins de la Maison Blanche avant de monter dans l'hélicoptère présidentiel Marine One, le milliardaire républicain a dit s'attendre à des discussions "très productives" à Biarritz.

Mais il a aussi brandi avec force la menace de représailles à l'imposition d'une taxe française sur les géants américains du secteur des hautes technologies.

"Je n'aime pas ce que la France a fait", a-t-il lancé. "Je ne veux pas que la France impose des taxes sur nos sociétés. C'est très injuste".

"S'ils le font, nous imposerons des tarifs douaniers sur leurs vins", a-t-il ajouté. "Des tarifs douaniers comme ils n'en ont jamais vu", a-t-il insisté, tout ajoutant qu'il avait de "très bonnes relations" avec son homologue français Emmanuel Macron.

- "Petite dispute avec la Chine" -

Fin juillet, le président américain avait dénoncé la "stupidité" de son homologue français à propos de cette taxe votée début juillet par le Parlement.

La taxe dite Gafa crée une imposition des grandes entreprises du secteur non pas sur le bénéfice, souvent consolidé dans des pays à très faible fiscalité comme l'Irlande, mais à hauteur de 3% du chiffre d'affaires réalisé en France, notamment sur la publicité ciblée en ligne, la vente de données à des fins publicitaires et la mise en relation des internautes par les plateformes.

Le président septuagénaire, qui briguera un second mandat en novembre 2020, a prévu de rencontrer en tête-à-tête la plupart des dirigeants du G7 à commencer par Emmanuel Macron avec lequel les points de désaccord sont nombreux, de l'Iran au climat, en passant par la taxation des géants du numérique portée par Paris.

La rencontre entre M. Trump, fervent partisan d'un Brexit sans concession, et le nouveau Premier ministre britannique Boris Johnson sera également scrutée avec attention.

Quelques heures avant son départ, le locataire de la Maison Blanche a une nouvelle fois soufflé sur les braises de la guerre commerciale qui oppose les Etats-Unis et la Chine avec une série de tweets à la tonalité particulièrement agressive.

Pékin a annoncé vendredi de nouveaux droits de douane, et le président américain a riposté en annonçant que la totalité des 550 milliards de dollars de produits chinois importés aux Etats-Unis seraient frappés de taxes douanières encore plus lourdes d'ici la fin de l'année.

"Notre économie est en excellente santé", a-t-il martelé avant de s'envoler pour Bordeaux. "Nous avons une petite dispute avec la Chine et nous gagnerons".

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