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Turquie: le ministre des Finances va s'adresser aux investisseurs, la livre remonte

Turquie: le ministre des Finances va s'adresser aux investisseurs, la livre remonte
Le ministre des Finances Berat Albayrak à Istanbul, le 10 août 2018Yasin AKGUL

La livre turque continuait de remonter jeudi avant une rencontre très attendue entre le puissant ministre des Finances Berat Albayrak, par ailleurs gendre du président Recep Tayyip Erdogan, et plusieurs centaines d'investisseurs étrangers.

M. Albayrak, nommé ministre du Trésor et des Finances le mois dernier, doit s'adresser à 13H00 GMT à environ un millier d'investisseurs originaires des Etats-Unis, d'Europe et d'Asie lors d'une téléconférence inédite, selon l'agence de presse étatique Anadolu.

Lors de cette conférence, M. Albayrak abordera les derniers développements liés à l'économie, a précisé l'agence.

Avant ce rendez-vous qui sera scruté par les marchés, la livre turque, qui s'est effondrée la semaine dernière sur fond de crise diplomatique avec les Etats-Unis, rebondissait pour le troisième jour de suite. Elle gagnait ainsi 1,80% en valeur face au dollar à 08H00 GMT.

La livre semble s'être stabilisée depuis mardi sous l'effet de mesures prises par la banque centrale et de nouvelles barrières dressées par le régulateur turc des banques (BDDK) pour limiter la spéculation sur la devise turque.

Cette dernière, qui a perdu 40% de sa valeur cette année, a connu la semaine dernière une spectaculaire débâcle qui a fait souffler un vent de panique sur les places boursières mondiales redoutant un effet contagieux.

Cet effondrement a été accéléré par une escalade des tensions entre la Turquie et les Etats-Unis qui ont pris des sanctions réciproques et augmenté leurs tarifs douaniers pour certains produits.

Malgré le rebond de la livre de ces derniers jours, les économistes restent préoccupés par la dispute entre Ankara et Washington, liée notamment à la détention d'un pasteur américain en Turquie, et par la mainmise de M. Erdogan sur l'économie.

Les marchés ont été sidérés par le refus de la banque centrale de relever ses taux d'intérêt le mois dernier, en dépit de la chute de la livre et d'une inflation galopante. M. Erdogan, partisan de la croissance à tout prix, s'y oppose fermement.

Les investisseurs seront donc attentifs à d'éventuels signaux concernant les taux lors de la conférence de M. Albayrak jeudi.

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