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Uber obtient de continuer à travailler à Londres, une victoire sous sursis

Uber obtient de continuer à travailler à Londres, une victoire sous sursis
L'entreprise de réservation de voitures avec chauffeur Uber a obtenu le 26 juin 2018 de pouvoir continuer à travailler à LondresBen FATHERS

L'entreprise de réservation de voitures avec chauffeur Uber a obtenu mardi de pouvoir continuer à travailler à Londres, une victoire judiciaire sous sursis cependant puisque le comportement de la compagnie sera scruté de près au cours des prochains mois.

Le tribunal londonien de Westminster a décidé de prolonger la licence de Uber de 15 mois, au terme de deux jours d'audience pour examiner l'appel introduit par Uber contre une décision de l'autorité des transports de Londres (TfL) de la lui supprimer.

"J'accorde une licence pour une période de 15 mois", a déclaré la juge Emma Arbuthnot, estimant que la compagnie avait su répondre aux inquiétudes de TfL qui lui reprochait en particulier son laxisme dans la dénonciation de crimes et des failles dans les contrôles des casiers judiciaires de ses conducteurs.

L'entreprise avait en effet dévoilé en février des mesures visant à renforcer la sécurité de ses clients au Royaume-Uni ou ses procédures de contrôle de la vision de ses chauffeurs jusque-là effectué en ligne.

Lundi, l'avocat de Uber avait affirmé que la compagnie avait compris et "accepté" la décision de TfL, et assuré que cela l'avait conduit à opérer des "changements profonds".

Le directeur général d'Uber au Royaume-Uni, Tom Elvidge, s'est réjoui de la décision du tribunal mardi. "Nous nous félicitons de la décision rendue aujourd'hui. Nous continuerons à collaborer avec TfL pour répondre à ses inquiétudes et gagner sa confiance tout en fournissant le meilleur service possible à nos clients", a-t-il dit dans un communiqué.

- 'Entreprise douteuse' -

Le maire de Londres, Sadiq Khan, a également salué le jugement, estimant que Uber, après "des années de mauvais comportements", avait fini par admettre que la décision de TfL de lui supprimer sa licence en septembre 2017 était "totalement justifiée".

Toutefois, M. Khan a aussi souligné que le groupe restait en "probation". "Leur licence de 15 mois est soumise à des conditions claires et strictes que TfL va surveiller attentivement", a-t-il dit dans son communiqué.

Dans les attendus de sa décision, la juge Arbuthnot a effectivement souligné que "la durée de la licence a été sujette à discussion". Selon elle, la période courte accordée "permettra à TfL de mettre à l'épreuve les nouveaux arrangements" pris par Uber.

Tout en estimant que le groupe était désormais "apte" à détenir une licence dans la capitale britannique, elle n'a pas manqué de critiquer le comportement "tout feu tout flamme" montré jusqu'ici par la compagnie, peu soucieuse des méthodes, du moment que son chiffre d'affaires croissait.

L'Association des chauffeurs de taxis londoniens (LTDA) a elle dénoncé une capitulation de la justice. "Comme c'était prévisible, la juge a été intimidée par la taille et l'intérêt mondial dans cette affaire ; tenir tête à une entreprise valant 70 milliards de dollars était tout simplement trop difficile pour elle!", a-t-elle réagi sur Twitter.

Son secrétaire général Steve McNamara a déclaré à l'AFP examiner les "options légales à sa disposition".

Le rassemblement de consommateurs SumOfUs a aussi dénoncé la décision en faveur d'Uber. "Uber reste une entreprise douteuse et n'aurait pas dû obtenir une licence tant que ses chauffeurs ne sont pas traités de manière juste", a-t-elle réagi dans un communiqué.

Uber a subi plusieurs revers au Royaume-Uni ces derniers mois, avec la perte de la licence à York (nord-est de l'Angleterre) et à Brighton (sud), même si comme à Londres la compagnie poursuit ses activités en attendant un appel.

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