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Uber: une success-story semée d'embûches

Uber: une success-story semée d'embûches
Uber a officialisé jeudi 11 avril 2019 son projet d'entrer en Bourse JOSH EDELSON
Internet, INFORMATIQUE

Uber, qui s'apprête à concrétiser l'une des plus grosses entrées en Bourse de l'histoire, est une entreprise mondialement connue, à la réputation controversée, devenue le symbole d'une nouvelle mobilité et des bouleversements économiques et sociaux induits par la technologie et les applications mobiles.

- Un peu d'histoire -

Décembre 2008, par une soirée enneigée à Paris, Travis Kalanick et Garrett Camp n'arrivent pas à trouver un taxi. C'est ainsi que leur vient l'idée d'une application mettant chauffeurs et clients en relation.

En juillet 2010, UberCab --raccourci en Uber en octobre-- met en contact son premier passager avec un chauffeur à San Francisco avant de se lancer à Paris l'année suivante.

En avril 2014, Uber est présent dans 100 villes et lance Pool, la course partagée. En 2015, il passe le cap des 300 villes et, en fin d'année, dépasse le milliard de courses. En mai 2017, Uber a effectué 5 milliards de courses.

Aujourd'hui leader mondial du secteur, il revendique 75 millions de passagers et 3 millions de chauffeurs, 10 milliards de courses effectuées dans plus de 700 villes situées dans quelque 65 pays.

Travis Kalanick, devenu PDG, est poussé à la démission en juin 2017 par des investisseurs inquiets d'une accumulation de scandales ternissant fortement l'image du groupe.

Venu du voyagiste Expedia, son successeur Dara Khosrowshahi a une image diamétralement opposée et sa mission est claire: solder les errements du passé, assainir les finances et préparer l'entrée en Bourse.

Le néologisme "ubérisation" --parfois utilisé de façon péjorative-- sert aujourd'hui à désigner la prise de pouvoir d'une industrie innovante sur un secteur plus ancien, à l'image de ce qu'a réalisé l'application face aux chauffeurs de taxis à travers le monde, au prix parfois d'âpres bras de fer juridiques.

- Beaucoup de controverses -

Du logiciel pour échapper aux autorités aux soupçons de corruption d'officiels étrangers en passant par des accusations de sexisme et de harcèlement en 2017 ou encore un piratage de données personnelles caché pendant des mois, Uber a multiplié les polémiques, qui ont durablement terni son image et lui valent enquêtes et poursuites dans plusieurs pays.

Début 2018, un procès l'oppose à Waymo, filiale de Google, qui l'accuse de lui avoir volé des secrets technologiques sur la conduite autonome. Uber a conclu un accord à l'amiable pour arrêter le procès.

En mars 2018, une piétonne meurt percutée par une voiture autonome Uber en test dans l'Arizona. Le groupe doit interrompre plusieurs mois ses essais sur la voie publique.

Uber reste contesté voire interdit ou soumis à des restrictions dissuasives dans plusieurs pays, le plus souvent accusé de concurrence déloyale face aux taxis traditionnels.

Début février encore, le groupe a jeté l'éponge en Catalogne. Il est bloqué en Bulgarie, en Hongrie, absent du Danemark. Le service est limité à certaines villes d'Allemagne et il est actuellement en sursis à Londres, l'un de ses plus gros marchés, mais aussi notamment en Italie.

Dans plusieurs pays, dont la France, des chauffeurs contestent en justice leur statut de travailleurs indépendants et veulent être reconnus comme employés. Beaucoup protestent aussi contre le niveau de rémunération, qu'ils jugent trop bas.

- Des gros sous -

Pour beaucoup, le principal problème d'Uber aujourd'hui, ce sont ses finances: le modèle économique n'est pas rentable du tout. La rémunération des chauffeurs et la nécessité de garder des tarifs attractifs pour les clients coûtent très cher.

Uber anticipe un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards de dollars au premier trimestre 2019 et une perte proche de 1 milliard de dollars. En 2018, il a accusé une perte opérationnelle d'1,8 milliard.

Il a racheté très récemment son rival au Moyen-Orient Careem pour 3 milliards de dollars.

Face aux risques juridiques, Uber se diversifie vers des modes de mobilité moins polémiques que la voiture: vélos en libre-service, trottinettes électriques, transport de fret, de repas... Son nouveau crédo est clair: devenir l'Amazon des transports.

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