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Un glacier du versant italien du Mont Blanc menace de s'effondrer

Un glacier du versant italien du Mont Blanc menace de s'effondrer
Le glacier Planpincieux du Val d'Aoste en Italie, le 20 septembre 2019 (photo transmise par l'organe de presse de Courmayeur)HO
Italie

Un glacier du versant italien du massif du Mont-Blanc, qui a fondu à vitesse accélérée cet été, menace de s'effondrer en contrebas dans une vallée peu habitée mais touristique dont l'accès a été restreint à quelques heures par jour.

Le maire de la station alpine de Courmayeur (nord-ouest de l'Italie), Stefano Miserocchi, qui a autorité sur cette zone, a pris une ordonnance prévoyant "la fermeture totale la nuit de la route d'accès au Val Ferret", vallée parallèle à celle de Courmayeur où le glacier Planpincieux pourrait s'écrouler. Un accès limité est prévu en journée uniquement aux voitures. Il a aussi décidé "l'évacuation préventive" des quelques habitations de cette zone, selon un communiqué de la mairie.

"Avec les fortes chaleurs de cet été, il y a eu entre août et la première moitié de septembre une accélération de la fonte du glacier, au rythme moyen de 35 cm par jour, jusqu'à des pics de 50/60 cm certains jours", a expliqué à l'AFP Moreno Vignolini, un porte-parole de la mairie de Courmayeur.

Selon lui, une portion représentant "un cinquième ou un sixième" du glacier menace de se détacher, "la partie la plus basse, et cela correspond à environ 250.000 mètres cubes" de glace, soit l'équivalent de 100 piscines olympiques, qui pourraient se déverser dans le Val Ferret.

Le maire a confirmé à l'AFP TV que la "grosse fracture qui s'est produite entre la partie stable du glacier et le reste" est liée au réchauffement climatique.

"Nous sommes dans une phase historique où les glaciers sont en grande difficulté à cause du changement climatique et des températures élevées aussi bien en été qu'en hiver", a-t-il dit, soulignant que les glaciers "sont dans une phase de retrait et de réduction".

- Sous surveillance depuis 2013 -

C'est la fondation Montagna Sicura, qui surveille ce glacier depuis 2013, qui a prévenu la mairie.

Le secrétaire de Montagna Sicura, Jean-Pierre Fosson, a déclaré mercredi au quotidien Messaggero que "ce glacier est atypique car tempéré, donc influencé par la température de l'eau qui coule en-dessous, ce qui l'expose particulièrement au réchauffement climatique".

"L'an passé il avait connu des effondrements bizarres en octobre et cette année, avec le détachement du bloc et la vitesse de déplacement de 60 cm, c'est vraiment beaucoup, ce qui nous a incités à avertir le maire", a expliqué M. Fosson.

Selon lui, le glacier "pourrait se détacher d'un seul bloc, s'effriter ou ne pas s'effondrer du tout".

Il a toutefois balayé "tout alarmisme", soulignant que "la population n'est pas à risque". Les mesures de prévention montrent, selon lui, que "l'Italie est un pays qui fait de la prévention et de la recherche. On prend en compte la sécurité en montagne. C'était une mesure nécessaire pour éviter un scénario plus grave".

Le porte-parole de la mairie a lui aussi critiqué "le scénario apocalyptique décrit par certains médias d'un glacier du Mont Blanc qui menacerait de tomber sur Courmayeur".

Même si "c'est une zone touristique", "il n'y a pas d'habitations, seulement quelques chalets inoccupés" en contrebas, a-t-il noté.

Pour permettre l'accès à la vallée, le maire a établi trois tranches horaires d'une heure et demi (matin, midi et soir) et fait aménager une voie alternative qui sera praticable à partir de vendredi.

Selon M. Fosson, dont la fondation surveille 180 glaciers dans le Val d'Aoste, ce type de phénomène est inévitable. "Tous les ans, on voit disparaître deux kilomètres carrés de glace, soit l'équivalent du centre d'Aoste", forte de 125.000 habitants.

Dimanche, 250 personnes vêtues de noir ont célébré des funérailles symboliques pour le glacier suisse du Pizol, près du Lichtenstein et de l'Autriche. Si rien n'est fait pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les scientifiques ont calculé que les 4.000 glaciers alpins risquent de fondre de plus de 90% d'ici la fin du siècle, selon l'Ecole polytechnique de Zurich.

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