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Un Repair café au parlement pour sensibiliser les députés à l'obsolescence programmée

Un Repair café au parlement pour sensibiliser les députés à l'obsolescence programmée

(Belga) Un Repair café prendra ses quartiers ce jeudi dans l'enceinte du parlement fédéral pour sensibiliser les députés à l'obsolescence programmée. Cette technique dont sont soupçonnés les industriels consiste à limiter sciemment la durée de vie de certains appareils pour inciter à la consommation. A ce jour, seule la France l'interdit. En Belgique, la commission Economie de la Chambre planche sur un cadre légal visant à lutter contre cette pratique.

Ce jeudi, "les députés et les citoyens sont invités à apporter des objets, appareils, ordinateurs ou textiles à réparer avec la dizaine de volontaires qui seront présents", indique l'ASBL Action et Recherche culturelles, à l'initiative du Repair café. "Nous voulons sensibiliser les élus au fait que le combat contre l'obsolescence programmée est porté depuis longtemps par des citoyens, qu'ils ont des choses à apporter aux débats et qu'ils attendent avec impatience qu'une loi émane des discussions menées", affirme l'ASBL. Soupçonnée d'être appliquée aux appareils électriques, ordinateurs, imprimantes ou smartphones, l'obsolescence programmée est difficile à démontrer, mais n'en est pas moins contestée. Pour le responsable de la Chaire Hoover d'éthique économique et sociale à l'UCL, Axel Gosseries, elle pose trois problèmes. "Il y a d'abord le sabotage et la tromperie qui résident dans une réduction délibérée et cachée de la durée de vie d'un produit. Placer un compteur qui bloque une imprimante après un certain nombre de cycles à l'insu de l'acheteur en est l'exemple typique. On appauvrit le consommateur au profit de l'actionnaire", commente-t-il. "Ensuite et surtout, on engendre un gaspillage des ressources non-renouvelables dont l'extraction est souvent très polluante et on contribue à accroitre la production de déchets". Pour lutter contre cette pratique, trois propositions de loi - portées par le cdH, Ecolo et le PS, dans l'opposition - sont actuellement sur la table de la commission Economie de la Chambre. Mais le MR tient à apporter sa pierre à l'édifice; le parti de la majorité devrait également déposer un texte. A ce stade, les débats ne sont guère avancés. Les discussions sur le fond doivent débuter fin février et aborder, entre autres, la prolongation des garanties légales, l'obligation de mentionner la durée de vie et le caractère réparable ou non des produits, ou encore la diminution de la TVA et des cotisations sociales pour les secteurs de la réparation. En résumé, il s'agit de renforcer la protection des consommateurs et d'encourager l'économie circulaire. A ce jour, seule la France interdit formellement l'obsolescence programmée, devenue passible d'une peine de deux ans d'emprisonnement et de 300.000 euros d'amende. La justice a d'ailleurs ouvert une enquête préliminaire visant le fabricant japonais d'imprimantes Epson et le géant américain Apple pour "soupçons d'obsolescence programmée". La firme californienne a récemment admis ralentir volontairement les anciens modèles d'iPhone, dans le but annoncé "de prolonger leur durée de vie". Inspiré par l'exemple français, le Parlement européen a également appelé la Commission européenne à légiférer. (Belga)

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