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Une ex-syndicaliste d'Areva accusée d'avoir inventé une agression jugée en appel

Une ex-syndicaliste d'Areva accusée d'avoir inventé une agression jugée en appel
Une ex-syndicaliste d'Areva accusée d'avoir inventé une agression jugée en appelERIC PIERMONT

Une ex-syndicaliste d'Areva, condamnée en première instance à cinq mois de prison avec sursis pour avoir inventé une agression sauvage à son domicile sur fond d'accord confidentiel entre le groupe nucléaire et la Chine, est jugée en appel mercredi à Versailles.

Maureen Kearney avait été retrouvée par sa femme de ménage à son domicile des Yvelines en décembre 2012, ligotée à une chaise, bâillonnée, un manche de couteau introduit dans le vagin et un "A" scarifié sur le ventre.

Cette Irlandaise de 63 ans, professeur d'anglais dans la société Saint-Gobain Nucléaire, filiale d'Areva (devenu Orano), était également secrétaire CFDT du comité de groupe européen du géant du nucléaire.

La syndicaliste avait lié son agression à un accord signé entre EDF, Areva et l'opérateur nucléaire chinois CGNPC permettant des transferts de technologie en vue du développement d'un nouveau réacteur chinois, auquel elle était farouchement opposée.

Elle estimait cet accord dangereux, compte tenu de la sensibilité des informations transmises qui, selon elle, mettaient en péril le maintien de l'emploi sur le territoire français.

"Il n'y aura pas de troisième avertissement. Arrête de t'occuper de ce qui ne te regarde pas", avait déclaré, selon Maureen Kearney, son agresseur.

Mais les enquêteurs ont très vite soulevé des incohérences entre son récit et leurs constatations. En premier lieu, l'absence de toute trace ADN ou papillaire, hormis celles de Maureen Kearney, de son mari ou de la femme de ménage.

Autre étrangeté, l'agresseur serait venu les mains vides au domicile de Mme Kearney. Les liens, le bâillon ainsi que le couteau venaient tous de la maison.

Questionnée sur ces invraisemblances, la syndicaliste avait fini par reconnaître avoir tout inventé, avant de se rétracter un mois plus tard. Elle avait alors expliqué avoir avoué sous la contrainte, un homme étant venu la voir en cellule pour lui dire que "le rouleau compresseur de la justice et d'Areva allait se mettre en marche."

Souffrant de dépression, Maureen Kearney avait rendu visite à un psychiatre quelques jours avant les faits et commencé un traitement.

Pour autant, lors de son premier procès, son ancien avocat Thibault de Montbrial avait tenu à rappeler les échanges réguliers entre sa cliente et plusieurs ministres en exercice comme Arnaud Montebourg ou Bernard Cazeneuve, signe de sa crédibilité auprès des autorités.

Dans une pétition en ligne, son comité de soutien appelle à "une justice équitable" pour les lanceurs d'alerte et dénonce un premier procès "uniquement à charge". Son avocat Hervé Temime a prévu de plaider la relaxe.

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