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Une pétition contre l'utilisation des LBD récolte 68.000 signatures

Une pétition contre l'utilisation des LBD récolte 68.000 signatures
Policiers équipés de lanceurs de balles de défense, le 15 décembre 2018 à ParisValery HACHE

Avant la nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes", une pétition contre l'utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD) diffusée sur internet par un neurochirurgien bisontin avait récolté jeudi plus de 68.000 signatures.

"J'ai vu des photos de personnes blessées par LBD: les lésions sont gravissimes", a affirmé à l'AFP Laurent Thines, créateur de la pétition. "Quand on va manifester, on joue à la roulette russe avec sa vie", estime le neurochirurgien.

Chef de service au centre hospitalier de Besançon, il a lancé il y a deux semaines ce "moratoire sur l'utilisation des armes sublétales", appelant particulièrement au soutien du personnel soignant français.

Il y dénonce l'utilisation des LBD mais aussi des grenades de désencerclement, "tout aussi dangereuses", par les forces de l'ordre. "Le ministère de l'intérieur fixe le curseur de la violence", analyse-t-il.

"Ces armes utilisées sur des personnes parfois très jeunes ou âgées, exerçant leur droit à manifester, sont inacceptables", peut-on lire sur le site change.org, où le médecin souhaite "alerter sur (leur) dangerosité extrême".

Les lésions causées par les LBD "sont comparables à des blessures de guerre, d'accidents graves de la route ou de grosses chutes", a expliqué Laurent Thines.

"Enucléation, amputation d’extrémité de membre, fracas maxillo-facial et dentaire, traumatisme cranio-cérébral": la pétition, dont l'objectif est d'atteindre les 75 000 signatures, dresse une longue liste des blessures causées par ces armes sublétales.

Le Conseil d'Etat a examiné mercredi des recours demandant la suspension immédiate de l'usage du lanceur de balles de défense. Cette arme aurait été utilisée dans "9.228 cas" lors de manifestations de "gilets jaunes" depuis le début du mouvement de contestation sociale mi-novembre, a indiqué Pascale Léglise, représentante du ministère de l'Intérieur, lors d'une audience au Conseil d'Etat.

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