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Vacances d'été: un bon cru en perspective pour la France, malgré un effet Coupe du Monde

Vacances d'été: un bon cru en perspective pour la France, malgré un effet Coupe du Monde
Vacances d'été: un bon cru en perspective pour la France, malgré un effet Coupe du MondeERIC CABANIS
Consommation

Des Français qui partent davantage à l'étranger, et des étrangers plus nombreux à visiter l'Hexagone: l'équation des vacances d'été devrait être favorable aux acteurs du tourisme français, même si certains craignent un petit effet Coupe du Monde.

"Cette année, il y a énormément d'intentions de départs pour des voyages à l'étranger, au détriment de vacances dans l'Hexagone: 34% des Français, contre 29% l'an dernier, veulent partir hors de France. Des catégories CSP+, mais aussi des classes moyennes", résume à l'AFP Didier Arino, directeur du cabinet Protourisme.

Et dans le sens inverse, il souligne que se confirme un "vrai retour en France des clientèles étrangères, comme les Allemands, Belges, Hollandais et Britanniques. La destination Paris devrait donc être +boostée+" par ces touristes, qui avaient été près de 89 millions à visiter le pays en 2017, un record après deux années plombées par les attentats.

Pour l'été qui débute, le gouvernement affiche son optimisme: "les réservations d'arrivées aériennes (internationales) pour les trois prochains mois sont à la hausse, de l'ordre de 8%", indiquait ces derniers jours le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne.

De leur côté, si les vacanciers français projettent encore majoritairement de passer la trêve estivale dans l'Hexagone, leur proportion accuse une nette baisse de 6% sur un an, relève le baromètre annuel d'Ipsos et Europ Assistance.

"Il y a une croissance plus forte des réservations sur l'étranger. Les Français ont le moral, ils ont envie de voyager", confirme Jean-Pierre Mas, qui représente les agences de voyage françaises.

- Nouvelle télé -

Espagne, Italie, Portugal et Grèce seront une fois de plus les destinations gagnantes, ainsi que la Tunisie qui revient en force après un trou d'air causé par les attentats perpétrés en 2015 à Tunis et Port el-Kantaoui.

Pour cette saison estivale, les tour-opérateurs s'attendent même à "un cru excellent, voire exceptionnel, malgré un gros ralentissement" dans les prises de réservations "au mois de mai, car l'impact des grèves Air France et SNCF a été extrêmement fort", indique René-Marc Chikli pour le syndicat Seto.

Ces mouvements sociaux "nous ont perturbés et ralentis, surtout en province et sur le littoral. Mais je reste très optimiste pour juillet, août et septembre, les choses se présentent favorablement", renchérit Roland Héguy, président de la principale organisation du secteur hôtelier, l'Umih.

"Après un début d'année vraiment positif, depuis mi-mai on constate un ralentissement des ventes, un infléchissement qui vaut pour l'ensemble du marché. Juin est mitigé, il faut attendre, la Coupe du Monde aura forcément un impact sur les réservations", indique pour sa part Pascal de Izaguirre, PDG de TUI France, premier opérateur touristique dans l'Hexagone.

Il souligne que malgré l'installation d'écrans géants dans les hôtels et clubs, "les fans de foot préfèrent être chez eux devant leur télé, avec leurs amis et leur famille. Et tant qu'ils regardent les matches, ils ne sont pas dans l'organisation des vacances".

"Tous les quatre ans, le Mondial créée un mouvement attentiste", renchérit le président du portail Easyvoyage, Jean-Pierre Nadir: "il y a ceux qui partiront en vacances plus tard, après, et ceux qui ne partiront pas du tout car ils auront acheté une nouvelle télé pour le Mondial, et la consommation ne peut pas être partout".

Il raconte que le 5 juillet 2014, soit le lendemain de la défaite des Bleus contre l'Allemagne en quart de finale, et donc leur sortie de la Coupe du monde, "les réservations étaient montées en flèche, on avait eu un trafic de l'ordre de 25% en plus".

Selon un sondage effectué par Easyvoyage, quelque 22% des Français jugent ainsi qu'il est "hors de question" de partir en vacances pendant la compétition. Les plus extrêmes (6%) ont même planifié leurs congés entre le 14 juin et le 15 juillet pour rester à la maison, et ne pas perdre une miette du Mondial.

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