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Vélib': les salariés grévistes poursuivront "leur mobilisation"

Les salariés en grève de Vélib' ont assuré lundi soir qu'ils poursuivraient "leur mobilisation" après que la justice a jugé leur grève "illicite", faute de préavis.

Les agents de Vélib' en grève depuis le 17 avril "poursuivront leur mobilisation jusqu’à obtenir satisfaction à l’ensemble de leurs revendications légitimes", indique un communiqué signé des "agents Vélib' en grève".

Ils demandent "une revalorisation salariale, de meilleures conditions de travail et plus de moyens mis à disposition pour offrir une qualité de service digne de ce nom, aux usagers de Vélib Métropole", poursuivent les agents qui ne veulent pas qu'on "leur mette sur le dos" les "dysfonctionnements et errements de l’entreprise".

Ils demandent également aux élus parisiens "pour la énième fois, la nomination d'un médiateur".

Le juge des référés du TGI de Paris avait estimé quelques heures plus tôt que le mouvement social était "illicite" car il ne respectait par certains articles du Code du Travail demandant un préavis de "cinq jours francs".

Selon le juge, ces articles s'appliquent pour une entreprise comme Smovengo chargée de la "gestion d'un service public", un point de vue contesté à l'audience vendredi par la défense des salariés pour qui le droit applicable était celui d'une entreprise privée.

Pour les salariés, "nous ignorions tout de cette obligation (...) Un mouvement social chez le précédent opérateur de Vélib' n’avait pas été précédé d’un préavis et pourtant cela ne nous a jamais été reproché", ajoute le texte qui évoque ainsi la grève des salariés alors embauchés par Cyclocity, filiale de JCDecaux.

La justice avait été saisie par Smovengo, -qui regroupe Smoove, une PME de Montpellier, Mobivia (Norauto, Midas), l'espagnol Moventia et les parkings Indigo- en charge du Vélib' depuis le 1er janvier.

Le déploiement du service très aimé des Parisiens et des visiteurs de la capitale, souffre de multiples ratés depuis des mois, la grève des salariés s'ajoutant à des dysfonctionnements techniques à répétitions.

Le tribunal a par ailleurs ordonné aux grévistes de "cesser tout agissement constitutif d'atteintes à la liberté du travail" en bloquant les entrepôts d'Alfortville (Val-de-Marne) et de Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine). Il s'agissait de "barrages filtrants" pour la défense.

Cette décision est assortie d'une astreinte de "1.500 euros par infraction constatée et par personne, avec au besoin le concours de la force publique" pour expulser les personnes.

- "Opération de fumée" -

En revanche, le tribunal a ordonné à Smovengo "de cesser de recourir à des travailleurs intérimaires" lors de la grève, une pratique dénoncée à l'audience par l'avocat des salariés.

Pour ce dernier, Me Thierry Renard, "le tribunal a dit qu'il fallait un préavis mais n'en tire aucune conséquence". Toute cette procédure "n'a été qu'une opération de fumée de Smovengo en grande difficulté dans la mise en oeuvre du service et qui veut s'exonérer encore une fois de sa propre responsabilité", a-t-il dit à l'AFP.

Smovengo a de son côté réagi en "souhaitant que les salariés reprennent le travail dans de bonnes conditions", ajoutant que "les discussions se poursuivent". Smovengo n'a en revanche "jamais embauché d'intérimaires pour briser la grève", selon le directeur du marketing Nicolas Boutaud.

Les élus des communes où doit être déployé le nouveau Vélib', la maire de Paris Anne Hidalgo en tête, avaient tapé du poing sur la table et réclamé le 26 avril un "plan d'urgence" pour sortir de la crise.

Depuis, quelque 680 stations ont été ouvertes selon le porte-parole de l'opérateur qui a réaffirmé un objectif de 800 stations opérationnelles fin juin, connectées à 80% au réseau électrique et non sur batteries, source de bugs.

L'objectif initial était de 700 stations au 1er janvier et de 1.400 fin mars à Paris et les 60 communes adhérentes, selon les chiffres du Syndicat Autolib' Velib' Metropole gestionnaire.

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