Venezuela: l'essence subventionnée pour les titulaires du "carnet de la patrie"

Venezuela: l'essence subventionnée pour les titulaires du
Le président vénézuélien, Nicolas Maduro à Caracas le 7 août 2018HO

Le président vénézuélien, Nicolas Maduro, a annoncé lundi que l'essence - la moins chère du monde - restera subventionnée uniquement pour les possesseurs d'un carnet de la patrie", une carte électronique qui donne accès aux aides de l'Etat.

Le président a insisté sur le fait que pour pouvoir en bénéficier, les Vénézuéliens ont jusqu'à vendredi pour faire recenser leur véhicule. Dans un premier temps, la date limite afin de se faire enregistrer auprès des autorités avait été fixée au 5 août.

"Les personnes qui ne répondent pas à cet appel au recensement, qui ne veulent pas bénéficier de cette subvention directe, devront payer le carburant au prix international", a expliqué dans une allocution télévisée M. Maduro, sans préciser à partir de quand cette augmentation pourrait s'appliquer.

L'essence dans ce pays producteur de pétrole est pratiquement donnée: avec un dollar échangé sur le marché noir, on peut acheter 5 millions de litres.

Si elle venait à être vendue au même prix que sur le marché international, elle deviendrait inaccessible pour l'immense majorité des Vénézuéliens. En effet, le salaire minimum, soit environ un dollar, est à peine suffisant pour acheter un kilo de poulet.

Nicolas Maduro a précisé que ces mesures font partie d'un plan qui s'étalera sur deux ans.

"J'espère que d'ici deux ans au plus tard, nous aurons résolu l'anomalie (...) qui fait que l'essence vénézuélienne est quasiment offerte. L'essence et les hydrocarbures doivent atteindre les prix internationaux afin de mettre fin à la contrebande", a expliqué le président vénézuélien.

Ce "carnet de la patrie" est dénoncé par l'opposition qui voit dans cette mesure un "contrôle social et politique" du pouvoir ainsi qu'un "chantage électoral".

"Quand le système de subvention entrera en vigueur, avec un +carnet de la patrie+ par véhicule, vous verrez ce à quoi je fais allusion," avait-il déclaré samedi.

Nicolas Maduro affirme que le faible coût de l'essence est à l'origine d'un trafic vers la Colombie. Il estime que cela constitue une perte nette pour le pays de 18 milliards de dollars (15,80 milliards d'euros) par an.

Ce réajustement du prix de l'essence interviendra après la suppression, le 20 août, de cinq zéros de sa monnaie, le bolivar. Actuellement, un litre de carburant coûte un bolivar.

Cette mesure fait partie d'un programme destiné, selon M. Maduro, au redressement économique du pays en récession depuis quatre ans.

L'inflation pourrait atteindre 1.000.000% cette année selon le FMI.

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