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Vente de six EPR à l'Inde: Paris espère un accord définitif "avant la fin de l'année"

Vente de six EPR à l'Inde: Paris espère un accord définitif
Le président Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi (d), le 10 mars 2018 à New DelhiLudovic MARIN

La France a dit samedi son espoir de conclure "avant la fin de l'année" la vente de six réacteurs nucléaires de type EPR à l'Inde, un dossier en négociations depuis près d'une décennie.

EDF et son homologue indien Nuclear Power Corporation of India (NPCIL) ont signé samedi à New Delhi, au premier jour de la visite en Inde du président Emmanuel Macron, un accord portant sur le schéma industriel du projet de centrale de Jaitapur (côte sud-ouest).

"Nous espérons une signature définitive d'accord avant la fin de l'année", a-t-on indiqué à l'Élysée.

"L'accord rend une marche arrière très difficile" pour la partie indienne, a estimé la présidence française, ajoutant que la signature de samedi "démontre la volonté" du Premier ministre indien Narendra Modi "d'avancer sur le sujet".

Lors de la précédente visite d'un président français en Inde, François Hollande en janvier 2016, EDF et NPCIL avaient notamment signé un protocole de coopération relatif à la construction de six EPR à Jaitapur.

Ce dossier est présenté comme le plus grand projet de centrale nucléaire au monde, avec une puissance totale avoisinant 10 GW. Il suscite une contestation locale en raison de craintes environnementales.

"Nous sommes fiers d'accompagner la transition énergétique de l'Inde", a tweeté Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF après la signature de l'accord.

Cette signature "marque une étape décisive" et "permet "d'envisager avec confiance la suite de ce projet capital pour l'Inde et pour EDF", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué.

Cet accord définit "le schéma industriel du projet, les rôles et responsabilités des partenaires ainsi que le calendrier prévisionnel pour les prochaines étapes", a précisé EDF dans son communiqué.

EDF interviendra en tant que "fournisseur de technologie EPR" et assurera pour les deux premiers réacteurs "l'ensemble des études d'ingénierie ainsi que l'achat de composants". Pour les quatre autres, "une partie de la responsabilité des achats et des études pourra être confiée à des entreprises locales".

NPCIL sera responsable de la construction de l'ensemble des six réacteurs et des infrastructures et bénéficiera durant cette phase d'une assistance d'EDF et de ses partenaires industriels, ajoute EDF.

L'EPR est un réacteur nucléaire à eau pressurisée de troisième génération. EDF en construit deux exemplaires à Taishan (Chine), un autre est en cours de construction en France à Flamanville (Manche) et l'électricien français doit encore construire deux réacteurs à Hinkley Point (Angleterre).

Les annonces commerciales sont toutefois à prendre avec précaution en Inde, où l'environnement des affaires est notoirement compliqué et lent. Le pays a bondi de trente places dans l'index de facilité des affaires de la Banque mondiale, mais pointe tout de même à la 100e place.

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