Veyrier (FO ): "pas de grande conquête sociale due au syndicalisme depuis 35 ans"

Veyrier (FO ):
Le secrétaire général de Force Ouvrière Yves Veyrier lors d'une manifestation à Paris, le 7 février 2019Alain JOCARD

Le secrétaire général de Force Ouvrière Yves Veyrier a reconnu mardi que l'action syndicale n'avait pas permis de "grande conquête sociale depuis 35 ans" mais a défendu "ses résultats dans les entreprises", où "36.000 accords sont signés chaque année".

"En 35 ans de syndicalisme, je ne suis pas en état d'afficher une grande conquête sociale due à l'action syndicale", a reconnu M. Veyrier, invité de l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis).

"Le mouvement syndical a obtenu plus de résultats sur le terrain, dans les entreprises. Chaque année, 36.000 accords sont signés dans les entreprises, on n'est pas coupé des salariés. Ne réduisons pas l'action syndicale à la grève et aux manifestations", a-t-il plaidé.

Quel que soit le mode d'action utilisé par les syndicats, "c'est le nombre qui compte" dans le succès d'une mobilisation, a-t-il estimé. "Et on n'a pas suffisamment le nombre avec nous", a-t-il avancé pour expliquer l'absence de succès des journées nationales d'action ces dernières années.

Le responsable FO a estimé que le mouvement des "gilets jaunes" avait mis en évidence qu'"une couche importante de salariés" n'était "pas organisée collectivement par les syndicats".

"Nombre de 'gilets jaunes' bénéficient cependant du produit de l'action syndicale du passé", que ce soit sur la retraite ou l'indemnisation chômage, "mais on n'est pas reconnu comme tel", a-t-il jugé.

Selon, lui l'avenir national du syndicalisme sera d'ailleurs directement en lien avec "l'évolution de la protection sociale collective".

Si les syndicats sont écartés "de la gestion de l'assurance chômage, des retraites complémentaires, de la concertation sur le Smic... que restera-t-il à faire d'autre que de la politique aux organisations nationales ?", s'est-il interrogé.

M. Veyrier s'est dit "très en colère contre les employeurs qui se font le plus discrets possible" dans la défense de ce paritarisme.

Les employeurs considèrent que le financement de la protection sociale "par l'ensemble de la population (par l'impôt) leur est plus favorable que par les seuls salariés", a-t-il déploré.

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