Vins languedociens vendus comme Bordeaux: plainte de la Confédération paysanne

Vins languedociens vendus comme Bordeaux: plainte de la Confédération paysanne
Au salon Vinisud de Montpellier le 15 février 2016PASCAL GUYOT

La Confédération paysanne de Gironde a annoncé mercredi qu'elle venait de déposer une plainte contre X auprès du parquet de Libourne, devant les soupçons de fraude massive ayant permis de faire passer des vins du Languedoc pour des AOC du Bordelais.

Selon le site spécialisé Vitisphère qui avait révélé l'affaire fin novembre 2017, cette fraude présumée aurait été orchestrée entre 2012 et 2014 par une société de négoce de Libourne (Gironde) ayant depuis cessé son activité. Ce négociant libournais est soupçonné d'avoir brouillé la traçabilité des lots de vin en falsifiant les documents administratifs de départ et d’arrivée.

Le trafic porterait au total sur 4.200 hl de vins produits en vrac dans le Languedoc - mais à partir de cépages présents également dans le bordelais - qui auraient été rebaptisés frauduleusement Pomerol, Margaux ou Saint-Julien. Des faux crus achetés ensuite par "les plus grands noms de la place de Bordeaux" à des prix bien supérieurs à ceux du vin en vrac languedocien, selon Vitisphère.

La Confédération paysanne de Gironde, qui s'est étonnée auprès de l'AFP du silence des organisations professionnelles des vins de Bordeaux, a décidé pour sa part de "porter plainte contre X pour tromperie sur la qualité substantielle de marchandises vendues", a annoncé à l'AFP son secrétaire départemental, Dominique Técher.

Le syndicat agricole avait déposé une première plainte, en décembre 2017 au tribunal de grande instance (TGI) de Bordeaux, dénonçant une possible "atteinte gravissime à la réputation des vins d'appellation de Bordeaux".

Mais apprenant qu'"une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Libourne sur cette affaire depuis l'été dernier", le syndicat agricole a déposé une nouvelle "plainte contre X par lettre recommandée le 5 mars 2018" auprès du parquet saisi de l'affaire, a précisé M. Técher.

Contacté par l'AFP, le parquet de Libourne n'était pas immédiatement joignable.

Vos commentaires