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Scandale des moteurs truqués: Volkswagen poursuit sa descente aux enfers

Empêtré dans le scandale des moteurs truqués, le groupe Volkswagen, avec à sa tête un nouveau patron, poursuivait ce samedi sa descente aux enfers avec des mesures d'interdiction de vente de modèles diesel dans plusieurs pays.

Désigné vendredi pour succéder à Martin Winterkorn, Matthias Müller, 62 ans, était à la tête du constructeur de luxe Porsche depuis 2010. Il a promis de faire toute la lumière sur l'affaire qui a fait perdre plusieurs dizaines de milliards d'euros en Bourse au groupe, menace la réputation de l'industrie allemande et pourrait avoir des conséquences sur l'économie du pays toute entière.

Aux Etats-Unis, Volkswagen s'est vu refuser dans l'immédiat le feu vert des autorités pour vendre ses modèles diesel 2016. Les autorités américaines vont renforcer les contrôles de toutes les voitures diesel, toutes marques confondues. La Suisse a aussi annoncé qu'elle suspendait la vente de nouveaux modèles diesel, tandis que la France va procéder à des tests aléatoires. L'UE a appelé à des contrôles dans tous les pays européens. Chez nous, l’unique importateur VW, le groupe D’Ieteren a décidé de suspendre la commercialisation de 3.200 véhicules qui pourraient être truqués.

Des sources européennes ont par ailleurs dû réagir, après des affirmations du Financial Times selon lesquelles Bruxelles n'avait pas tenu compte d'un rapport qui mettait en garde dès 2013 sur les risques de trucage des résultats des tests antipollution."La leçon que nous en avons tirée très vite était que nous devions mettre sur pied de nouveaux tests (...) qui écarteraient aussi la possibilité qu'un système d'évitement puisse être installé", a indiqué une de ces sources. La Commission européenne a indiqué vendredi que de nouveaux tests entreraient en vigueur en janvier 2016.


Coup de 'balai' chez VW  

Des changements sont en cours au sein de l'actionnariat de Volkswagen. La holding Porsche SE, actionnaire majoritaire, a annoncé samedi l'acquisition de 1,5% du capital de VW à Suzuki. La sortie du japonais du capital était certes attendue, les relations entre les deux groupes n'étant pas au beau fixe. Mais elle sonne comme un nouveau signe de défiance des détenteurs de titres Volkswagen, dont l'action a perdu 34% cette semaine, faisant s'évaporer plus de 20 milliards d'euros de capitalisation boursière.

Une assemblée extraordinaire des actionnaires est prévue le 9 novembre à Berlin. "Ceux qui sont à l'origine du scandale doivent être punis", a déclaré à l'agence DPA Ulrich Hocker, président de la fédération d'actionnaires DSW, promettant un coup de "balai". Cette affaire "jette une ombre sur les promesses environnementales des entreprises allemandes", a fustigé de son côté la ministre de l'Environnement, Barbara Hendricks dans le quotidien Handelsblatt à paraître lundi.

Vendredi, le chef du conseil de surveillance, Berthold Huber, avait reconnu que l'affaire constituait "un désastre moral et politique".

Bernd Osterloh, président du comité d'entreprise et membre du conseil de surveillance, a imputé la responsabilité de la tricherie à "un petit groupe de personnes" qui ont causé "un énorme préjudice" à Volkswagen. Le groupe allemand aux douze marques venait juste de détrôner le japonais Toyota de la place de numéro un mondial.

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