Wall Street monte, surveillant Trump, le commerce et le chômage

Wall Street monte, surveillant Trump, le commerce et le chômage
Traders sur le parquet du New York Stock Exchange le 22 août 2018Bryan R. Smith

Wall Street progressait jeudi après avoir été en baisse, prudente sur sa direction après de nouvelles sanctions douanières entre Washington et Pékin, les suites des affaires impliquant deux proches de Donald Trump, et un rapport encourageant sur le chômage.

Vers 14H40 GMT, l'indice vedette de la place new-yorkaise, le Dow Jones Industrial Average, prenait 0,07% à 25.752,45 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, progressait de 0,43% à 7.922,74 points.

L'indice élargi S&P 500 avançait de 0,21% à 2.867,79 points.

La place new-yorkaise, hésitant déjà entre les ennuis judiciaires des proches du président et l'espoir d'une détente des relations entre la Chine et les Etats-Unis, avait terminé en ordre dispersé mercredi, alors que les courtiers célébraient le record du plus grand nombre de jours sans crise majeure: le Dow Jones avait perdu 0,34% et le Nasdaq avait pris 0,38%.

Motos Harley-Davidson, soja et bourbon américains, machines-outils ou circuits intégrés chinois... Depuis jeudi, les taxes douanières que s'infligent mutuellement Etats-Unis et Chine couvrent 100 milliards de dollars de biens commerciaux, soit un septième du total des échanges entre les deux puissances.

Ces annonces étaient toutefois "déjà prévues", ont rappelé les analystes de Charles Schwab.

Des pourparlers se tiennent actuellement entre les deux pays, une première depuis le mois de juin, pour tenter de mettre fin à l'escalade.

Les investisseurs suivaient également les suites des affaires de justice entourant deux anciens proches de Donald Trump et du débat qui resurgissait autour de la potentielle destitution du président.

Toutefois, "les marchés financiers semblent totalement ignorer [le risque de destitution] et nous pensons qu'ils ont raison", affirme Nicholas Colas de la société de recherche financière DataTrek.

- 'Effondrement' des marchés -

"Nous ne sommes pas en 1974 lorsque le président Nixon a démissionné alors que sa destitution se profilait. A l'époque, les prix du pétrole étaient quatre fois plus élevés et le système de changes fixe implosait. Désormais les taux sont bas, le dollar est fort et les profits des entreprises sont robustes", ajoute M. Colas.

Prenant les devants jeudi sur la chaîne Fox News, le président Donald Trump a averti que l'économie américaine allait "s'effondrer" s'il était destitué.

"Je ne sais pas comment on peut destituer quelqu'un qui fait un super travail", a-t-il encore affirmé lors de cette interview.

Un motif de réjouissance émergait pour les investisseurs, les demandes hebdomadaires d'allocations chômage ayant à nouveau légèrement reculé, surprenant les analystes, pour s'approcher encore davantage de leur plus faible niveau depuis 1969 déjà atteint mi-juillet.

Les marchés surveillaient par ailleurs l'ouverture jeudi du symposium économique traditionnel des banquiers centraux à Jackson Hole (Wyoming) au cours duquel le président de la banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell s'exprimera vendredi.

Sur le marché obligataire, le taux à dix ans sur la dette américaine se tendait légèrement à 2,823% contre 2,819% à la clôture mercredi, tandis que celui à 30 ans reculait à 2,980% contre 2,984% la veille.

Sur le front des valeurs, le groupe chinois Alibaba, coté aux Etats-Unis, montait de 3,24% après avoir dévoilé un chiffre d'affaires trimestriel supérieur aux attentes.

L Brands, propriétaire de la marque de lingerie Victoria's Secret, chutait de 10,69% à la suite d'une baisse de ses prévisions de profits. Le groupe subit notamment la concurrence de nouvelles marques focalisées sur la génération des 18-34 ans ("millennials").

Honeywell progressait de 1,35%. Le conglomérat industriel a revu à la hausse sa perspective annuelle de profits et a affirmé que la scission de deux filiales lui rapporterait directement 3 milliards de dollars.

Nordstrom montait de 0,99%. Le groupe de grande distribution a autorisé mercredi un plan de rachat d'actions de 1,5 milliard de dollars.

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