Wall Street en ordre dispersé, inquiète de rétorsions contre les Etats-Unis

Wall Street en ordre dispersé, inquiète de rétorsions contre les Etats-Unis
Trader sur le parquet du New York Stock Exchange le 1er mars 2018EDUARDO MUNOZ ALVAREZ

Wall Street évoluait en ordre dispersé vendredi après une ouverture en baisse, les marchés tentant d'évaluer les conséquences pour les Etats-Unis de taxes sur les importations d'acier et d'aluminium souhaitées par l'administration Trump: le Dow Jones perdait 0,77% et le Nasdaq prenait 0,16%.

Vers 17H00 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average reculait de 189,88 points, à 24.419,10 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, gagnait 11,35 points à 7.191,91 points.

L'indice élargi S&P 500 abandonnait 0,10%, ou 2,71 points, à 2.674,96 points.

De nombreuses voix internationales se sont élevées pour critiquer la décision de l'administration Trump d'imposer des droits de douane de 25% sur les importations d'acier et 10% sur celles d'aluminium.

Une "guerre commerciale" entre l'Europe et les Etats-Unis "ne fera que des perdants", a estimé vendredi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire, Moscou évoquant sa "préoccupation".

Le patron de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a quant à lui affirmé que "le risque d'escalade est réel" comme l'ont montré les premières réponses des autres pays.

Ainsi l'Europe élabore une liste ciblée de produits américains qu'elle pourrait lourdement taxer afin d'envoyer "un message politique" à Donald Trump, selon une source européenne à l'AFP.

"Il y aurait des produits en acier et en aluminium, mais aussi des produits industriels, agricoles et alimentaires", a expliqué cette source, affirmant que l'Europe était "prête à agir".

"Il y a beaucoup d'incertitudes sur le futur proche en matière commerciale et le marché déteste l'incertitude", a observé William Lynch de Hinsdale Associates.

Autre source d'inquiétude, des mesures protectionnistes "pourraient faire monter l'inflation" aux Etats-Unis, affirme M. Lynch en renchérissant le prix de certains produits importés.

Une hausse trop élevée de l'inflation est l'un des points d'appréhension majeur des marchés qui ont accueilli mardi avec défiance les commentaires très optimistes du nouveau président de la banque centrale américaine (Fed) Jerome Powell en la matière, face au Congrès.

"Il y a peu d'espace et peu de patience des investisseurs pour les nouvelles négatives" alors qu'ils sont déjà confrontés aux incertitudes sur l'inflation, sur la hausse des taux d'intérêt, et sur la valorisation élevée des actions, ont résumé les analystes de DataTrek.

- Rétorsions sur les slips -

Signe du climat d'incertitude qui saisissait Wall Street, l'indice qui mesure la volatilité sur le S&P 500 (VIX) et qui s'était enflammé au début du mois de février, repartait à la hausse et s'est affiché en cours d'échanges à un plus haut depuis plus de deux semaines.

"Les annonces officielles (de M. Trump) doivent être réalisées la semaine prochaine. Il pourrait changer d'avis après s'être entretenu avec ses conseillers, c'est déjà arrivé", a affirmé M. Lynch.

Cet épisode rappelle un précédent: en 2002, le président George W. Bush avait déjà tenté d'imposer des taxes de 25% sur l'importation d'acier avant de battre en retraite sous la pression de l'OMC et de menaces de rétorsions européennes sur les importations de jus de fruit, de T-shirts ou encore de slips.

Sur le front des valeurs, de nombreux groupes internationaux déjà chahutés jeudi tanguaient de nouveau, tandis que les groupes de métaux n'étaient pas forcément gagnants.

Ainsi les producteurs américains d'acier et d'aluminium, qui avaient nettement grimpé jeudi, évoluaient en ordre dispersé vendredi, US Steel cédant 3,17% à 44,55 dollars et Century Aluminium prenant 3,03% à 21,10 dollars.

Le fabricant américain d'aluminium Alcoa, qui avait à peine décollé la veille (+0,22%), évoluait près de la ligne de flottaison vendredi (+0,09% à 45,11 dollars).

Le constructeur aéronautique Boeing lâchait 2,20% à 341,99 dollars après avoir déjà perdu 3,46% la veille, quand le constructeur automobiles General Motors perdait 1,40% à 37,26 dollars.

Sur le front des résultats d'entreprises, le fabricant d'armes American Outdoor Brands Corporation reculait (-1,17% à 9,30 dollars) après avoir annoncé la veille des ventes trimestrielles en net recul en comparaison avec l'année précédente, en raison notamment d'une baisse des commandes des grossistes et détaillants.

Le marché obligataire se tendait: le rendement des bons du Trésor à 10 ans montait à 2,866% contre 2,808% la veille au soir, et celui à 30 ans progressait à 3,142% contre 3,083% jeudi.

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