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Wall Street recule à l'ouverture, inquiète pour l'économie mondiale

Wall Street recule à l'ouverture, inquiète pour l'économie mondiale
Wall Street finit la séance de jeudi en forte hausseDon Emmert

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Wall Street reculait vendredi à l'ouverture, affectée par des inquiétudes des investisseurs sur l'économie mondiale après des statistiques décevantes en zone euro, qui se répercutaient également sur le marché obligataire.

Vers 14H35 GMT, l'indice vedette de la Bourse de New York, le Dow Jones Industrial Average, perdait 0,83%, à 25.746,48 points.

L'indice Nasdaq, à forte coloration technologique, reculait de 0,87%, à 7.770,71 points et l'indice élargi S&P 500 de 0,82%, à 2.831,60 points.

La Bourse de New York avait terminé en forte hausse jeudi, soutenue par une envolée des valeurs technologiques et l'optimisme des investisseurs au lendemain d'une réunion de la Fed: le Dow Jones avait pris 0,84% et le Nasdaq 1,42%.

Mais "une série de données économiques en Europe a déprimé le marché" vendredi, ont signalé les analystes de Wells Fargo.

Parmi ces nouvelles, la croissance de l'activité privée dans la zone euro a reculé en mars et l'indice allemand qui mesure la croissance du secteur manufacturier s'est affiché à un niveau très décevant.

Ces inquiétudes sur l'état de l'économie mondiale et singulièrement des Etats-Unis se reflètaient sur le marché obligataire américain. Le taux d'intérêt sur la dette américaine à 10 ans a chuté jusqu'à 2,439% peu après l'ouverture de Wall Street, au plus bas depuis janvier 2018.

Ce niveau suggère que les anticipations de croissance et d'inflation sont moroses aux Etats-Unis, ce taux évoluant généralement de pair avec les projections des investisseurs. Signe de cette morosité, la banque centrale américaine a révisé à la baisse ses prévisions de croissance et d'inflation mercredi lors d'une réunion et annoncé qu'elle n'augmenterait sans doute pas ses taux cette année.

- Anomalie -

Fait marquant, peu après l'ouverture de Wall Street, le taux d'intérêt à 10 ans sur le marché obligataire est même passé brièvement en dessous de celui sur la dette à trois mois, un phénomène communément appelé "inversion de la courbe des taux".

Vers 13H50 GMT, le taux d'intérêt sur la dette américaine à trois mois était de 2,455% contre 2,447% pour celui à 10 ans, avant que le taux à long terme repasse devant celui à court terme quelques minutes plus tard.

Traditionnellement, plus l'investissement se fait sur une durée longue, plus le rendement servi est élevé. L'inversion de la courbe est une forme d'anomalie du marché, qui a précédé de quelques trimestres la quasi-totalité des récessions américaines ces dernières décennies.

La différence de taux entre la dette à deux ans et celle à dix ans, autre mesure souvent prise par les investisseurs pour étudier la courbe des taux d'intérêt, n'a toutefois pas encore montré d'inversion. Mais la banque centrale de San Francisco a récemment affirmé dans une étude que la différence entre les taux à trois mois et ceux à dix ans était plus pertinente.

"Je ne vois pas vraiment l'inversion de la courbe comme si catastrophique pour le marché des actions, particulièrement dans cette période où les banques centrales sont en mesure d'offrir plus de stimulus" que par le passé, a tempéré Karl Haeling de LBBW.

Parmi les valeurs du jour, l'équipementier sportif Nike est repassé dans le vert au troisième trimestre de son exercice décalé 2018/19, mais a déçu en ce qui concerne ses ventes en Amérique du Nord. Le titre perdait 4,76%.

General Motors abandonnait 1,87%. Critiqué pendant plusieurs jours par le président américain Donald Trump pour la fermeture d'une usine dans l'Etat de l'Ohio, GM a annoncé vendredi investir 1,8 milliard de dollars de plus aux Etats-Unis et créer 700 nouveaux emplois.

Ralph Nader, l'avocat américain et pourfendeur des lobbies, a appelé vendredi à la création d'une association de défense des intérêts des passagers aux Etats-Unis pour faire la lumière sur le Boeing 737 MAX, dont l'accident de deux appareils ont causé 346 morts en cinq mois. Le titre Boeing lâchait 1,83%.

Le joaillier Tiffany a annoncé vendredi des ventes annuelles décevantes en raison d'une demande "molle" lors des fêtes, liée à de moindres dépenses de touristes chinois, de clients européens et américains. Après avoir chuté juste avant l'ouverture, le titre s'est finalement ressaisi, grimpant de 3,06%.

  1. Nasdaq

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