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Wall Street, sur ses gardes, s'installe dans le rouge

Wall Street, sur ses gardes, s'installe dans le rouge
Traders sur le parquet du New York Stock Exchange le 19 juin 2018Bryan R. Smith

Après une ouverture en ordre dispersé jeudi, la Bourse de New York s'installait dans le rouge sur fond d'interrogations persistantes sur les tensions commerciales et d'indicateurs mitigés sur l'économie américaine.

Vers 14H05 GMT, son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, reculait de 0,44% à 24.548,43 points.

Le Nasdaq, à forte composante technologique, se dépréciait de 0,10%, à 7.773,37 points.

L'indice élargi S&P 500 perdait 0,19%, à 2.762,16 points.

Wall Street avait terminé en ordre dispersé mercredi, le Nasdaq (+0,72%) atteignant un niveau inédit à la faveur de la bonne tenue de quelques valeurs technologiques tandis que le Dow Jones (-0,17%) enregistrait sa septième séance de baisse de suite. A la clôture, ce dernier s'affichait en repli de 0,25% depuis le début de l'année.

Le récent emballement des menaces réciproques de sanctions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis rend les acteurs fébriles.

"La volatilité a augmenté au fur et à mesure que la confiance des investisseurs s'émousse", selon Sam Stovall de CFRA. "Alors que le flot d'informations sur les entreprises diminue à l'approche des vacances d'été, cette hausse inhabituelle de volatilité va sans doute persister jusqu'au début de la prochaine saison de résultats mi-juillet", a-t-il estimé.

Les courtiers étaient d'autant plus enclins à se placer en retrait que les statistiques du jour étaient en demi-teinte: les demandes hebdomadaires d'allocations chômage aux Etats-Unis ont continué de baisser mais la croissance de l'activité manufacturière de la région de Philadelphie a fortement ralenti en juin, contrairement aux attentes des analystes.

Pour le chef économiste de Pantheon Macroeconomics, Ian Shepherdson, ce ralentissement marqué est toutefois "probablement une simple correction plutôt qu'une conséquence des menaces de taxes douanières" des Etats-Unis et de ses partenaires commerciaux. L'indicateur avait en effet atteint en mai son niveau le plus élevé des 12 derniers mois.

- Départ surprise chez Intel -

Le repli du Nasdaq restait limité par la bonne tenue des plus grandes valeurs du secteur technologique, les FAANG: Facebook (+0,37%), Amazon (+0,08%), Apple (+0,64%), Netflix (-0,08%) et la maison-mère de Google, Alphabet (stable).

Intel retenait par ailleurs l'attention des investisseurs après le départ inattendu de son PDG Brian Krzanich, à la suite d'une liaison "consentie" au sein de l'entreprise avec un membre du personnel.

En attendant de procéder à la nomination d'un nouveau PDG permanent, le géant américain des microprocesseurs a promu Robert Swan, l'actuel directeur financier, patron par intérim avec effet immédiat. Le titre reculait de 1,12%.

Les résultats trimestriels du fabricant de semi-conducteurs Micron (+1,44%) et ceux de la chaîne de supermarchés Kroger (+9,70%) étaient bien reçus.

Les chiffres de la chaîne de librairies Barnes and Noble (-8,53%), qui a fait part d'une perte nette de 125,5 millions de dollars pour son exercice fiscal 2018, et ceux du fabricant d'armes à feu, auparavant appelé Smith & Wesson, American Outdoor Brands (-4,42%), qui a enregistré une baisse de 33% de ses ventes sur son exercice fiscal 2018, étaient en revanche fraichement accueillis.

Le fournisseur de services internet pour petites et moyennes entreprises Web.com bondissait de 8,30% après l'annonce de son rachat par la société d'investissement Siris Capital pour environ 2 milliards de dollars.

Le marché obligataire montait: signe d'un intérêt accru, le taux d'intérêt sur la dette américaine à 10 ans reculait à 2,903% contre 2,939% mercredi soir, et celui à 30 ans à 3,039%, contre 3,078%.

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