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XV de France: Guitoune a saisi sa chance

C'était son grand retour chez les Bleus après quatre ans d'absence: le centre Sofiane Guitoune, titulaire de dernière minute, a été l'une des rares satisfactions du XV de France battu en Ecosse (17-14) samedi à Edimbourg, à un mois de la Coupe du monde.

"Ce serait culotté de ma part de venir et de faire la tronche, même si je suis déçu du résultat." Si un sourire devait éclairer la terne prestation des Bleus à Murrayfield, c'était bien celui, indéfectible, du Toulousain (30 ans, 6 sélections), qui a enfin eu une nouvelle chance avec les Bleus après sa saison exceptionnelle, conclue par un premier titre de champion de France.

Et il l'a prise. A son crédit, la plus belle action du match, une accélération dans l'intervalle et une offrande à Damian Penaud pour le second essai français (27e), mais surtout une prestation irréprochable en défense. "Oui, c'est une satisfaction", a acquiescé le sélectionneur Jacques Brunel. "En défense, il a montré de la complémentarité avec Gaël Fickou et les ailiers."

- Patron malgré lui -

Le grand paradoxe, c'est surtout que Guitoune est apparu comme un leader alors que son précédent match avec les Bleus remontait... à la Coupe du monde 2015. On l'a par exemple vu longtemps s'adresser à Penaud pendant une mêlée en seconde période. "On a une équipe très jeune, ils sont vraiment énormes mais quand Guilhem (Guirado, le capitaine) et Jeff (Poirot, son suppléant) ne sont plus là, il fallait un relais et je l'ai pris. Ce sont des consignes simples, je ne peux pas les laisser tout seuls."

Soit exactement le même rôle qu'il a tenu à Toulouse la saison dernière quand la cohorte d'internationaux (Huget, Médard, Dupont, Ntamack, Ramos...) est partie sans lui à Marcoussis. La saison de sa renaissance sportive, avec un repositionnement spectaculaire au centre (16 essais toutes compétitions confondues), après deux saisons gâchées par les soucis de santé, dont une sérieuse pubalgie.

- Ascenseur émotionnel -

Brunel a finalement retenu l'ex-ailier dans sa liste mais a privilégié le tandem Gaël Fickou - Wesley Fofana pour le premier test face à l'Ecosse (32-3). Et reconduit cette paire pour Edimbourg afin d'accumuler automatismes et certitudes.

A l'annonce mardi de sa non-sélection, Guitoune prend "un coup derrière la tête". "Tu te dis +on va jouer+ et tu ne joues pas. C'est reparti pour une semaine de travail, de physique et il n'y a pas la carotte au bout", se désespère-t-il alors.

Mais jeudi, "Wesley arrête l'entraînement un peu plus tôt. Il me dit: +tiens-toi prêt, j'ai mal aux ischios+. Le malheur des uns fait le bonheur des autres", raconte l'ex-septiste, titularisé vendredi alors qu'il ne faisait même pas partie des remplaçants.

A un poste orphelin de Mathieu Bastareaud, sacrifié sur l'autel de la vitesse, et de Geoffrey Doumayrou, forfait sur blessure, et où les pépins physiques réguliers de Fofana font planer l'incertitude, Guitoune a bousculé la hiérarchie pour le Japon (20 septembre-2 novembre). "Je savais très bien que j'étais attendu et qu'il ne fallait pas passer à côté: Wes' et Gaël avaient fait un super match la semaine dernière", dit-il sans se cacher.

Qui plus est, il a marqué des points en étant associé à Fickou, son ami et son ex-coéquipier toulousain. "C'est comme mon petit frère, on était très heureux de jouer ensemble", dit-il, très ému par ce retour en bleu, même si ce n'était pas dans la peau d'un N.1. "C'est un peu ma vie, je ne suis jamais le premier choix donc je m'accroche", répond-il dans un sourire. Comme toujours.

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