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"L'Europe, basta !": pourquoi l'Italie a pris un virage radical vers la droite et l'extrême-droite?

Notre journaliste Christophe Giltay a analysé les résultats des élections législatives en Italie pour le RTLinfo 13h. Pour lui, il s'agit d'un vote "anti-élites, anti-système et anti-européen".

Les résultats des élections législatives en Italie donnent la droite et l'extrême droite largement victorieuses. A travers ces résultats, on peut détecter un rejet massif de l'Europe. "Imaginez que si on additionne les voix de l'alliance de droite (37%) et de 5 étoiles (32%), on est à 69% d'eurosceptiques en Italie. Or l'Italie ce n'est pas la Hongrie ou l'Angleterre. C'est un des six pays fondateurs de l'Europe. Le traité sur lequel repose l'Europe s'appelle d'ailleurs le traité de Rome", a indiqué Christophe Giltay en plateau dans le RTLinfo 13h.


Pourquoi les Italiens sont-ils désormais europhobes ?

"Parce qu'ils ont le sentiment que l'Europe les a déçus, notamment avec la crise des migrants. 690.000 migrants sont arrivés en Italie depuis 2013. Qui en a pris sa juste part, hormis l'Allemagne ? Les Italiens ont le sentiment d'avoir été abandonnés par l'Europe, alors l'Europe, basta !"


L'Italie est-elle ingouvernable aujourd'hui ?

Le leader de la Ligue Matteo Salvini, premier parti au sein de la coalition alliant droite et extrême droite, veut gouverner l'Italie avec ses partenaires Forza Italia et Frères d'Italie, a-t-il confirmé lundi lors d'une conférence de presse. Arrivée en tête des élections législatives, cette coalition ne dispose cependant pas d'une majorité parlementaire et devra nouer des alliances.

"Il le semble, car aucun des deux grands groupes vainqueurs ne dispose d'assez de sièges pour gouverner seul. Or on ne peut pas imaginer une grande coalition comme en Allemagne, car ce serait comme marier Raoul Hedebouw avec Filip De Winter, ou Mélenchon avec Marine Le Pen en France. Pourtant, Salvini a déclaré qu'il devait gouverner, qu'il était prêt à gouverner, et le président de la République va probablement le nommer informateur, comme on dirait en Belgique. Alors tout est possible: un gouvernement avec une coalition improbable et quelques petits partis qui viendraient l'aider, mais on ne voit pas bien lesquels. Un gouvernement minoritaire, voire peut-être un retour aux urnes. En général, la formation d'un gouvernement en Italie prend une cinquantaine de jours", a-t-il conclu.

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