Alexandre Djouhri attaque les mandats d'arrêt devant la cour d'appel

Alexandre Djouhri attaque les mandats d'arrêt devant la cour d'appel
L'homme d'affaires franco-algérien Alexandre Djouhri à son arrivée au tribunal de Westminster, à Londres le 21 janvier 2019Tolga AKMEN

Alexandre Djouhri, qui tente d'éviter son extradition depuis la Grande-Bretagne dans l'enquête sur le financement libyen présumé de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, attaque devant la cour d'appel de Paris la validité des mandats d'arrêt contre lui, a appris l'AFP samedi de sources concordantes.

Personnage clé de l'affaire, l'homme d'affaires de 60 ans a déposé jeudi une requête en annulation des deux mandats d'arrêt européens émis par les magistrats anticorruption français en décembre 2017 puis en février 2018, selon des sources judiciaire et proches du dossier.

C'est en vertu de ces mandats, émis notamment pour "complicité de détournements de fonds publics" et "corruption", que le tribunal londonien de Westminster a ordonné son extradition le 26 février.

Mais l'appel formé immédiatement par M. Djouhri a bloqué l'exécution de cette mesure et il n'a pas encore été examiné par la justice britannique.

En exécution du premier de ces mandats, l'homme d'affaires avait été arrêté le 8 janvier 2018 à l'aéroport de Heathrow, en provenance de Genève.

Libéré et assigné à résidence à Londres après avoir payé 1,13 million d'euros de caution, il avait été réincarcéré en vertu du deuxième mandat puis de nouveau libéré fin mars 2018 après une série d'accidents cardiaques.

Depuis, M. Djouhri a fustigé à plusieurs reprises dans les médias une justice "politique".

"Ils ont fait une perquisition (à son domicile genevois, ndlr), ils n'ont absolument rien trouvé donc ils ont inventé une fuite pour pouvoir m'arrêter à Londres", avait-il déclaré à la sortie du tribunal en février.

Sa défense avance que la loi helvétique ne contraignait pas ce résident suisse à se rendre en France. Et que les convocations informelles des enquêteurs, par e-mail et par téléphone en juillet 2016, n'ont pas respecté la procédure française, ne permettant donc pas de le considérer "en fuite".

"On a voulu fait croire qu'il était sans domicile fixe alors qu'il suffisait juste de l'interroger dans un cadre légal", a défendu auprès de l'AFP un de ses avocats, Me Antoine Vey, qui dénonce des méthodes "déloyales" du parquet national financier (PNF).

"D'ailleurs le PNF a reconnu ensuite qu'il avait un domicile et des bureaux en Suisse", a ajouté l'avocat, qui assure que son client, français, avait accepté d'être auditionné dans son pays de résidence.

Le nom d'Alexandre Djouhri, un proche de Claude Guéant, ex-ministre de Nicolas Sarkozy, est apparu dans l'enquête notamment pour la vente en 2009 d'une villa située à Mougins, sur la Côte d'Azur, à un fonds libyen géré par Bachir Saleh, ancien dignitaire du régime de Khadafi.

Il est soupçonné d'en avoir été, derrière plusieurs prête-noms, le véritable propriétaire et de l'avoir cédée à un prix surévalué, permettant de dissimuler d'éventuels versements occultes.

"C'est l'imaginaire et la machination, j'ai jamais eu de villa en prête-nom et j'ai jamais vendu de villa à Bachir Saleh", s'était-il défendu en mars sur LCI.

Lors de la perquisition à son domicile à Genève en mars 2015, la découverte d'un RIB au nom de M. Guéant avait intrigué les magistrats.

Ceux-ci soupçonnent l'ex-ministre, mis en examen dans cette affaire, d'avoir reçu 500.000 euros pour rétribuer diverses interventions en faveur de M. Djouhri, notamment auprès d'EADS (devenu Airbus group) à qui l'homme d'affaires aurait réclamé plusieurs millions d'euros de commission pour une vente d'avions à la Libye.

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