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Allemagne: Angela Merkel, "l'inoxydable" chancelière s'apprête à tirer sa révérence

Allemagne: Angela Merkel,
© Image Belga
 
 

L'inconnu après 16 ans de stabilité : l'Allemagne tourne dimanche la page Angela Merkel lors d'élections législatives plus indécises que jamais qui laissent augurer de longs mois de négociations pour former un nouveau gouvernement.

Seize années au pouvoir, une popularité "inoxydable" et une succession bâclée : Angela Merkel s'apprête à quitter la chancellerie, laissant un grand vide en Allemagne et dans le monde où elle a incarné pragmatisme et goût du compromis, au risque de l'immobilisme.

"Je ne me rappelle pas d’un autre chancelier. Pour moi ça a toujours été Angie. Ça va faire bizarre d’avoir quelqu’un d’autre", témoigne une jeune femme. "À mes yeux, on peut compter sur elle. C’est ce qui me frappe le plus : son calme. C’est la meilleure façon de qualifier l’époque Merkel : calme", ajoute un autre. 

Sur la scène internationale, au cours de ses 16 années comme Chancelière, Merkel voit défiler les chefs d’Etat et de gouvernement étrangers. Elle côtoie par exemple 4 présidents américains différents : de George W. Bush à Joe Biden en passant par Obama et Trump. En Belgique, 6 Premiers ministres se succèdent sur le même laps de temps.

Parmi eux, Elio Di Rupo. Lors de leur première rencontre, ils discutent de leurs points commun : un cursus universitaire scientifique mais aussi de leurs divergences. "Elle est agréable mais c'est une femme de pouvoir. C'est une vraie femme de pouvoir dans le sens où elle n'a pas hésité, notamment au niveau européen, à placer un certain nombre de collaboratrices et collaborateurs de nationalité allemande. Aujourd'hui encore, la présidente de la Commission est allemande", souligne le ministre-président wallon.

Sa solution: l'austérité

Angela Merkel a pesé dans les grands dossiers des deux dernières décennies : coronavirus, lutte contre le terrorisme, crise migratoire ou encore la reconstruction de l’Europe après la crise financière de 2008. À l’époque, elle impose sa solution : l’austérité. "Elle n'a pas voulu que la Banque centrale intervienne. Et même avec la Grèce, je pense qu'elle était sur le point d'admettre de lâcher la Grèce. C'est d'ailleurs François Hollande qui a beucoup travaillé pour ne pas lâcher la Grèce", explique Elio Di Rupo. 

Angela Merkel est surnommée "Mutti" qui signifie "maman" en allemand. Elle s’est forgé une personnalité attachante et a su s’allier à ses adversaires pour s’installer durablement au pouvoir. "Sur 4 gouvernements, elle a gouverné 3 fois en grande coalition, ce qui a aussi contribué à déforcer son principal adversaire, le SPD. Et ça lui a permis de gouverner très au centre", éclaire Amandine Crespy, professeure en Sciences politiques à l'institut d'études européennes à l'ULB. 

Angela Merkel n’a pas encore annoncé si elle comptait continuer à faire de la politique après ce dimanche. À 67 ans, elle a laissé entendre qu’elle voulait voyager et surtout faire une sieste.


 




 

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