Allemagne: Löw sous pression après l'éviction des stars de la Mannschaft

Allemagne: Löw sous pression après l'éviction des stars de la Mannschaft
Le sélectionneur de l'Allemagne Joachim Löw en conférence de presse, le 19 mars 2019 à WolfsburgTobias SCHWARZ

Pro et anti-Joachim Löw sont d'accord sur un point: en mettant brutalement à la retraite internationale trois champions du monde, le sélectionneur allemand s'est mis lui-même sous pression, avant les deux premiers matches de l'année.

Mercredi, sa Mannschaft "rajeunie" accueille la Serbie à Wolfsburg (20h45/19h45 GMT), en match de préparation, avant de débuter les qualifications de l'Euro-2020 dimanche (20h45) par un choc contre les Pays-Bas à Amsterdam.

"L'avenir de Joachim Löw comme sélectionneur va dépendre de sa capacité à réussir le rajeunissement de façon à ce que l'Allemagne soit de nouveau un candidat au titre à l'Euro-2020, et à ce que son équipe ne plie pas les voiles honteusement dès la fin du premier tour comme en Russie", met en garde cette semaine Kicker, le magazine du foot allemand.

Car en annonçant le 5 mars l'éviction de Thomas Müller, Mats Hummels et Jérôme Boateng, Löw a non seulement pris les trois stars du Bayern à contre-pied, mais également toute l'Allemagne du football.

Combien de fois, ces dernières années, avait-il insisté sur l'importance "de l'équilibre entre jeunesse et expérience"? Et sur la nécessité pour les jeunes d'avoir "des joueurs cadres pour s'orienter"? Et même après la débâcle de l'élimination au premier tour du Mondial en Russie, il n'avait rien lâché de ses sacro-saints principes, reconduisant son ossature de champions du monde 2014 pour les premiers matches de la saison en septembre.

Au point d'être vivement critiqué pour sa "fidélité aveugle" à sa vieille garde de héros du Brésil.

- "Candidat au titre 2020" -

Il avait fallu la descente en novembre en Ligue B des nations, une nouvelle humiliation, pour qu'il consente à rajeunir l'effectif. Mais jamais il n'avait prononcé de paroles définitives, promettant à ses grognards "laissés au repos" (Khedira et Boateng notamment) qu'ils reviendraient dès que leurs performances le justifieraient de nouveau.

Le changement de cap a été brutal. Et mal compris par beaucoup. "Il donne l'impression d'abandonner ses fondamentaux après 13 ans à la tête de la sélection, et de gouverner en violant des règles qu'il avait toujours suivies obstinément", s'étonne Kicker, à l'unisson des experts du pays.

Certes la poule de qualification de l'Allemagne pour l'Euro, avec les Pays-Bas, l'Irlande du Nord, l'Estonie et le Bélarus (les deux premiers sont qualifiés) est abordable. Mais si l'équipe tangue, Löw tanguera avec!

"Quand on prend de telles décisions, on sait qu'on prend un certain risque", a-t-il admis mardi: "Que ma position dépende de la façon dont nous jouons et des résultats, je le sais depuis des années. Il n'y a rien de nouveau pour moi".

Jürgen Klinsmann lui-même, son mentor et prédécesseur au poste de sélectionneur, semble ne pas comprendre: "Personnellement, j'espère que la porte est encore ouverte pour les trois joueurs", a-t-il dit dans une interview à SID, l'agence sportive filiale de l'AFP, "parce que ce sont bien sûr des joueurs de haut niveau, ils sont champions du monde. Et si le besoin se faisait sentir, il serait extrêmement important de pouvoir recourir à un Thomas Müller, un Mats Hummels ou un Jérôme Boateng".

D'autant que le trio est encore à l'âge où les internationaux sont souvent au sommet de leur art, 29 ans pour Müller et 30 pour Hummels et Boateng.

La Serbie mercredi et les Pays-Bas dimanche donneront les premiers éléments de réponse.

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