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Anders Breivik: les experts tranchent en sa faveur

 
 

A quelques jours de l'ouverture du procès d'Anders Breivik, une nouvelle expertise psychiatrique affirme que le Norvégien peut être considéré comme pénalement responsable des attaques sui ont fait 77 morts. Elle s'oppose ainsi à la première qui plaidait pour l'internement. Il s'agit d'une victoire pour Breivik.

Une contre-expertise psychiatrique a semé le trouble mardi sur le sort d'Anders Behring Breivik, en estimant que l'auteur des attaques qui ont fait 77 morts en Norvège était pénalement responsable contrairement aux conclusions d'une première expertise. "Nous avons conclu que l'accusé n'était pas psychotique au moment des faits", a déclaré le psychiatre Agnar Aspaas lors d'un point de presse organisé après la remise du rapport au tribunal d'Oslo, à six jours seulement de l'ouverture du procès de l'extrémiste de droite.

La première expertise erronée?

Cette nouvelle évaluation prend le contre-pied d'une première expertise officielle qui avait estimé l'an dernier que le tueur souffrait de "schizophrénie paranoïde", ce qui plaidait pour son internement psychiatrique, potentiellement à vie, plutôt qu'une peine de prison.

Anders Breivik gagne une manche

Les conclusions de cette expertise devraient conforter la ligne de défense des avocats de l'extrémiste qui, à sa demande, vont œuvrer pour faire reconnaître la responsabilité pénale de leur client. Breivik estime en effet qu'être déclaré irresponsable invaliderait son idéologie islamophobe et hostile au multiculturalisme résumée dans le manifeste qu'il avait diffusé le jour des attaques.

Dans une lettre envoyée la semaine dernière à des journaux norvégiens, il a affirmé qu'un internement psychiatrique serait "pire que la mort" et que l'avis des premiers experts-psychiatres constituait "l'humiliation ultime".

Aucune valeur, les juges décideront

Commandée par la justice norvégienne après le tollé soulevé par la première évaluation, la contre-expertise est, elle aussi, provisoire et n'a qu'une valeur consultative. En dernier ressort, il reviendra aux juges, dans leur verdict attendu en juillet, de trancher l'épineuse question de la responsabilité pénale de Breivik, laquelle déterminera son sort: la prison ou l'asile.

Enfermé à vie?

Dans les deux cas, Breivik pourrait rester enfermé entre quatre murs jusqu'à sa mort. Même si la peine de prison maximale pour "actes de terrorisme" est de 21 ans en Norvège, un mécanisme de rétention de sûreté permet de prolonger indéfiniment la détention d'un prisonnier tant qu'il est considéré comme dangereux.

Rappel des faits

Le 22 juillet 2011, Breivik avait tué 77 personnes, essentiellement des adolescents, en ouvrant le feu sur des centaines de jeunes travaillistes réunis en camp d'été sur l'île d'Utoeya juste après avoir fait exploser une bombe près du siège du gouvernement.
 

 




 

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