Angleterre: Manu, Billy et Mako, le retour des frères pétards aux Six Nations

Angleterre: Manu, Billy et Mako, le retour des frères pétards aux Six Nations
Le joueur de l'Angleterre Manu Tuilagi (c) lors du match face à l'Irlande à Dublin au tournoi des Six Nations le 2 février 2019Paul FAITH

Boum ! Manu Tuilagi et les frères Billy et Mako Vunipola sont de retour et ils font mal. Les démolisseurs anglais ont brisé l'Irlande (32-20) et ils s'apprêtent à faire de même contre la France, dimanche (16h00) lors de la deuxième journée du Tournoi des six nations.

Blessés pendant plusieurs mois, les membres du "triumvirat de la puissance", comme l'ont nommé les médias britanniques, a brillé à Dublin, foulant le Trèfle et rappelant combien il avait manqué.

"Nous avons été physiquement dépassés. Je ne pense pas avoir vu un match où nos adversaires ont réussi autant de plaquages dominants et percuté aussi physiquement qu'ils ne l'ont fait": le sélectionneur de l'Irlande Joe Schmidt n'a pu que constater les dégâts après la défaite des détenteurs du Grand Chelem.

C'était la première fois que les trois colosses étaient alignés ensemble au coup d'envoi. Et leur apport a frappé les corps et les esprits.

"Avoir Tuilagi dans son rôle (un point de fixation offensif) pendant que Billy et Mako Vunipola se servent de l'adversaire comme d'une enclume confère aux attaques de l'Angleterre une certaine force de percussion", a savouré le Telegraph. De quoi la "faire passer à une autre niveau".

Même idée pour le Guardian: "Les deux Vunipola se comportent comme des bulldozers et font tomber les hommes comme des tronçonneuses. Manu Tuilagi fait rebondir les défenseurs comme un petit gros dans une piscine à boules."

A neuf mois de la Coupe du monde, Eddie Jones est ravi. Son ambition, affichée lors de sa prise de fonctions en 2015, est en train de se réaliser. Après une année 2018 difficile, l'Angleterre recommence à gagner "à l'anglaise".

"Le rugby anglais est basé sur une forte tradition d'organisation, la conquête et la défense. C'est ce que nous savons faire", avait-il rappelé avant le Tournoi. Face à la débauche de muscles, l'Irlande n'a rien pu faire.

- Un Tiger dans le moteur -

Devant, Mako Vunipola (1,80 m, 121 kg) a vécu son "plus grand match" sous le maillot blanc, selon le Times, pointant la façon dont le pilier gauche a marché sur son vis-à-vis, l'un des meilleurs piliers droit du monde Tadhg Furlong. "Simplement sensationnel", a savouré le Telegraph, mettant en avant les 27 plaquages réussis par l'aîné des frères Vunipola.

Billy (1,88 m, 126 kg) n'a pas non plus démérité, même si ses statistiques sont moins impressionnantes. L'homme qui a subi trois fractures du bras en 2018 est en train de retrouver son meilleur niveau.

Derrière, Tuilagi (1,85 m, 111 kg) a fait un retour en fanfare après avoir été l'ombre de lui-même ces dernières années, marquées par les blessures aux côtes, genou, adducteurs et hanche.

Pour sa première titularisation avec l'Angleterre depuis 2014, le centre des Leicester Tigers a systématiquement avancé sur ses prises de balles, mobilisant deux adversaires pour le mettre au sol: "Quatorze attaquants debout, contre treize défenseurs. C'est ce que vous donne le Tiger", a jubilé le Times.

"Un bon retour", a tempéré Jones, reconnaissant toutefois que "sa forme et sa puissance sont de retour". "Il va s'améliorer à chaque match", a promis l'Australien.

La France est prévenue et sait ce qu'il l'attend à Twickenham. L'Angleterre de 2018 (6 victoires, 6 défaites) semble définitivement oubliée.

Clive Woodward, l'entraîneur du XV de la Rose champion du monde en 2003, en est en tout cas convaincu. "Tous le bazar de l'année dernière a été jeté à la poubelle", affirme Sir Clive. "L'Angleterre est sur les rails et Eddie a retrouvé son mojo."

Vos commentaires