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Asile et migration - En Grèce, quelque 500 demandeurs d'asile transferés de Lesbos sur le continent

Grèce

(Belga) Environ 500 demandeurs d'asile ont été autorisés dimanche à quitter le camp de Moria à Lesbos à destination de la Grèce continentale dans un contexte tendu en raison des incidents de la semaine dernière sur cette île de la mer Egée, a-t-on appris de la police locale.

Ce transfert intervient après la mort d'une Afghane à Moria dimanche dernier lors d'un incendie accidentel suivi d'une vague de protestations des migrants contre les conditions "inhumaines" de ce camp, le plus surpeuplé d'Europe. "Finalement nous quittons l'enfer de Moria", s'est réjoui Fayiout Beniz, un Afghan qui tenait dans ses bras sa fille de sept mois. La majorité des demandeurs d'asile quittant Lesbos à bord d'un ferry, étaient des familles afghanes et iraniennes. Ils étaient en train de prendre des selfies et d'appeler leurs proches pour les informer. Les demandeurs d'asile seront transférés au Pirée, grand port près d'Athènes, avant d'être conduits lundi à un camp dans le nord du pays, à 500 km de la capitale grecque. A Moria la situation est explosive en raison de la reprise des arrivées des migrants et réfugiés: au total sur les cinq îles "hotspots" (centres d'enregistrement et d'accueil, ndrl) de l'Egée, dont Lesbos, vivent plus de 26.200 personnes pour une capacité de 6.300. Pour la première fois depuis 2016, la Grèce est redevenue cette année la principale porte d'entrée en Europe. En raison de la situation "critique", le Haut commissariat des réfugiés (HCR) a exhorté mardi les autorités grecques à accélérer le projet de transférer sur le continent plus de 5.000 demandeurs d'asile. Le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir depuis trois mois, a annoncé le durcissement de la procédure d'asile pour faciliter le renvoi en Turquie des déboutés de ce droit. Le nouveau projet de loi sur l'asile "sera juste" et "accélérera la procédure", a assuré dimanche Georges Koumoutsakos, ministre adjoint de la Protection du citoyen, chargé du dossier des migrations. Lors d'un entretien avec l'agence de presse grecque Ana, il a estimé que la loi adoptée par le précédent gouvernement de gauche, prévoyant deux instances pour l'examen d'asile, était très lente et "empêchait les renvois en Turquie". Le nouveau gouvernement s'est engagé à renvoyer en Turquie 10.000 personnes d'ici la fin de 2020 en vertu de la déclaration controversée UE-Turquie de mars 2016. (Belga)

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