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Audrey, étudiante belge en Erasmus à Barcelone: "On n’ose pas trop sortir de chez nous"

Audrey, étudiante belge en Erasmus à Barcelone:

Audrey, 23 ans suit des cours dans une université de Barcelone, dans le cadre du programme Erasmus. Quasiment obligée de manifester lundi, la jeune femme ne se sent pas très en sécurité. Elle nous raconte comment elle a vécu les événements violents des derniers jours.

L’étudiante belge en politique internationale suit en ce moment des cours à l’université de l’Uab, l’université autonome de Barcelone. C’est l’université la plus politisée, elle affirme ouvertement son envie d’indépendance pour la Catalogne. "Ce qui rend les choses un peu compliquées pour les étudiants étrangers", explique Audrey.

Après l’annonce du jugement lundi (condamnation des dirigeants indépendantistes), il y a eu une énorme manifestation à l’université. "Ils sont venus chercher les étudiants dans les classes, certains avec insistance, un peu en les forçant d’aller protester. La plupart des gens se sont sentis obligés. Sur la place principale, ils ont allumé un grand feu, ils avaient sorti les drapeaux. C’était très intense", décrit Audrey.

"Le soir, les gens sont devenus beaucoup plus agressifs"

Elle poursuit : "Pour ceux qui ont essayé de quitter l’université, les trains étaient bondés parce que les étudiants ont commencé à bloquer les trains. Il nous a fallu plus d’une heure avant de pouvoir monter dans un train et de pouvoir rejoindre le centre.

Et dans le centre de la ville? Eh bien, c’était pareil. "Il y avait des manifestations partout. C’était assez calme en journée. Mais le soir, les gens sont devenus beaucoup plus agressifs. Il y avait des feux partout, des voitures bloquées partout. Ils lançaient des pétards. Ils tapaient avec des casseroles, donc il y a eu du bruit toute la nuit."

"L'ambiance est très tendue"

La jeune femme confie ne pas se sentir tout à fait en sécurité : "Les profs nous déconseillent d'aller à l'université. On n’ose pas trop sortir de chez nous. C’est très impressionnant, je n’ai jamais vécu quelque chose comme ça. L’ambiance est extrêmement tendue, surtout dans le centre de la ville."

De là à vouloir rentrer en Belgique ? "C’est un peu compliqué de quitter le pays, pour l’instant. Beaucoup de vols ont été annulés. J’aurais bien aimé rentrer quelques jours, le temps que cela se calme mais c’est presque impossible d’arriver à l’aéroport. Et après ce qu’il s’y est passé lundi, c’est déconseillé", souligne Audrey.

Toutes proportions gardées, l’étudiante en politique internationale songe aussi un peu à la situation en Belgique : "Je me dis que si ça devait arriver avec la Flandre. Ses envies indépendantistes pourraient faire beaucoup de dégâts."

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