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Autriche : le conservateur Sebastian Kurz chargé de former un gouvernement

Autriche : le conservateur Sebastian Kurz chargé de former un gouvernement
Le jeune dirigeant conservateur Sebastian Kurz, arrivé en tête des législatives anticipées du 29 septembre en Autriche, parle à la presse le lundi 7 octobre 2019 après avoir été officiellement chargéJOE KLAMAR

Le jeune dirigeant conservateur Sebastian Kurz, arrivé en tête des législatives anticipées du 29 septembre en Autriche, a été officiellement chargé lundi par le président de la République Alexander Van der Bellen de former un gouvernement, les négociations s'annonçant difficiles.

"Je vais entamer cette semaine des discussions avec tous les dirigeants des partis représentés au parlement", a indiqué Sebastian Kurz devant des journalistes. Par le passé, les tractations ont duré jusqu'à 129 jours.

Il a précisé que ses priorités allaient être d'affronter l'actuel "mauvais tournant économique", de baisser encore les impôts, de lutter contre l'immigration illégale et le réchauffement climatique.

Une fois qu'il aura rencontré les responsables des différents partis, Sebastian Kurz, 33 ans, devra annoncer au chef de l’État le nom de la formation avec laquelle il entend diriger ce pays membre de l'Union européenne.

Révélés jeudi, les résultats définitifs ont confirmé la victoire de l'ÖVP de M. Kurz avec 37,46% des voix, loin devant les sociaux-démocrates (SPÖ, 21,18%), l'extrême droite FPÖ (16,17%), les Verts (13,90%) et les libéraux (8,10%).

Sebastian Kurz a gouverné dix-huit mois avec le FPÖ, avant qu'un scandale de corruption touchant l'extrême droite ne mette prématurément fin à son gouvernement.

Son premier exécutif, formé en décembre 2017, n'avait pas résisté à des révélations compromettantes pour l'ex-chef des nationalistes et numéro deux du gouvernement, Heinz-Christian Strache.

Le gouvernement avait implosé en mai et le FPÖ, touché par de nouveaux soupçons de détournement de fonds en septembre, a essuyé un vote-sanction lors des législatives anticipées, perdant 9,8% par rapport aux précédent scrutin.

"Nous ne voyons pas le résultat des élections comme un mandat pour former un gouvernement", expliquait la semaine dernière le nouveau responsable du FPÖ, Norbert Hofer. "Mais si une situation imprévue devait se produire l'année prochaine et qu'il n'y a toujours pas de gouvernement, le FPÖ pourrait peut-être réévaluer la situation."

Privé de son allié, Sebastian Kurz pourrait revenir à la sage coalition avec les sociaux-démocrates, qui enregistrent le plus mauvais score de leur histoire, ou opérer un virage à 180 degrés en s'alliant aux Verts, grands gagnants du scrutin (+10%).

Le chef de file des écologistes Werner Kogler a averti qu'il envisageait de pactiser avec lui uniquement s'il effectuait un "changement politique radical", réclamant des engagements concrets sur les questions environnementales.

Alexander Van der Bellen, un ancien chef des Verts, a affirmé lundi que la "protection du climat" devait être prise très au sérieux pas le prochain exécutif.

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