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Brexit: Johnson met la pression sur les travaillistes pour obtenir des élections

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a exhorté vendredi le chef de l'opposition Jeremy Corbyn à se comporter en "homme" et accepter des législatives anticipées pour sortir le Brexit de l'impasse, en plein flou sur la date du divorce.

A six jours de la date-butoir actuelle, les Européens ont repoussé à la semaine prochaine une décision sur la durée du report qu'ils comptent accorder pour éviter une sortie sans accord porteuse de hauts risques économiques, en fonction de la situation à Londres.

Car Boris Johnson, sans majorité parlementaire pour accomplir sa promesse d'un Brexit le 31 octobre, veut organiser un vote lundi pour la tenue de législatives anticipées le 12 décembre. Il a besoin pour cela d'une majorité des deux tiers des députés et donc du soutien de l'opposition travailliste.

"Il est temps pour Jeremy Corbyn de se comporter comme un homme", a déclaré sur Sky News le dirigeant conservateur. Il a soutenu que sa promesse d'un Brexit au 31 octobre est "toujours possible". "Malheureusement, cela dépend de ce que l'UE va dire", a-t-il ajouté.

Jeremy Corbyn a réaffirmé jeudi soir que son parti ne voterait pas pour des élections tant que la menace d'une sortie sans accord ne serait pas écartée.

A l'issue d'une réunion des ambassadeurs des 27 vendredi matin, les Européens ont renvoyé la balle à Londres. Selon plusieurs sources européennes, une nouvelle réunion des ambassadeurs se tiendra lundi ou mardi pour décider de la durée du troisième report à accorder au Royaume-Uni pour une sortie de l'UE.

"Selon les évolutions au Royaume-Uni, on se donne jusqu'au début de la semaine prochaine", a indiqué un diplomate européen.

"Le travail va continuer dans les prochains jours", selon la porte-parole de la Commission européenne Mina Andreeva, tandis que le négociateur de l'UE sur le Brexit Michel Barnier a qualifié d'"excellentes" les discussions de vendredi entre les ambassadeurs des 27.

Un autre a précisé que mardi était une "date butoir informelle", deux jours seulement avant la date prévue du 31 octobre.

- "Enlisement" -

Sur le principe du report, tous les pays de l'UE sont d'accord. Il comptent prendre une décision sur ce sujet par le biais d'une procédure écrite, sans qu'il soit nécessaire de convoquer un sommet.

Concernant la durée, la plupart des pays semblent ouverts à un report de trois mois, au 31 janvier 2020, délai que Boris Johnson a été contraint de demander tout en s'y disant hostile, selon des sources européennes. La France a insisté pour avoir "de la clarté" sur les intentions britanniques avant une décision.

"C'est une chose de dire on aimerait faire peut-être des élections, c'est autre chose de dire elles sont organisées", avait souligné jeudi la secrétaire d'Etat française aux Affaires européennes Amélie de Montchalin.

Selon elle, il faut "des choses pas juste voulues, mais réellement actées". "On a besoin de savoir pourquoi on donne du temps. On sait que le temps tout seul n'amène à rien d'autre qu'à l'enlisement", a insisté Mme de Montchalin.

Un précédent accord de Brexit négocié fin 2018 par l'ancienne Première ministre Theresa May avait été rejeté trois fois par le Parlement.

Mardi, les députés britanniques ont entériné le principe du nouvel accord arraché il y a une semaine par Boris Johnson, mais ont voté contre le calendrier d'examen accéléré proposé par le dirigeant conservateur.

Il a alors annoncé qu'il suspendait l'examen de l'accord par le Parlement jusqu'à ce que l'UE prenne une décision sur un report de la date du divorce -un report auquel il est personnellement opposé.

Les derniers sondages donnent un avantage aux conservateurs sur les travaillistes en cas de législatives anticipées mais la situation politique est devenue très volatile trois ans après le choc du référendum sur le Brexit.

L'accord trouvé par l'UE et Johnson règle les conditions du divorce après 46 ans de vie commune et permet une sortie négociée assortie d'une période de transition courant au moins jusqu'à fin 2020.

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