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Brexit: l'UE assure ne pas vouloir exclure les ports français

Brexit: l'UE assure ne pas vouloir exclure les ports français
Vue d'un cargo dans le port de Dunkerque, le 16 juillet 2015DENIS CHARLET

La Commission européenne a assuré à la France que sa proposition de nouvel itinéraire transeuropéen pour relier l'Irlande au continent après le Brexit n'évitait pas les ports français, dans une lettre en réponse aux inquiétudes du gouvernement français.

"La proposition de la Commission a pour seul objectif d'assurer la continuité du corridor Mer du Nord - Méditerranée, entre l'Irlande et la partie continentale de l'Union", déclare la commissaire aux Transports Violeta Bulc dans une missive adressée à la ministre française Elisabeth Borne, consultée lundi par l'AFP.

La Commission avait proposé le 1er août d'adapter le tracé du corridor transeuropéen Mer du Nord-Méditerranée, qui relie notamment l'Irlande et l'Ecosse au Benelux et à Marseille, en prévision de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Il s'agit de promouvoir des liaisons maritimes directes, évitant les futurs passages en douane à l'entrée et à la sortie du Royaume-Uni.

Mais le 10 août, la ministre française des Transports avait écrit à Mme Bulc, s'étonnant de ne pas voir apparaître les ports français dans ce plan. Elle avait jugé la proposition "pas acceptable pour la France".

Le projet de nouvel itinéraire se "focalise sur les services maritimes existants", explique Mme Bulc dans son courrier, qui a également été adressé au président de la région Hauts-de-France Xavier Bertrand.

"Seuls les ports du réseau central faisant déjà partie de ce corridor pouvaient être considérés", précise-t-elle.

Après une "analyse des flux de transport", la Commission a constaté que des services maritimes internationaux réguliers existent entre Dublin et Cork en Irlande, et Rotterdam (Pays-Bas) et Anvers (Belgique), ainsi qu'entre Dublin et Zeebruges (Belgique).

"En revanche, nous n'avons pas connaissance de services réguliers vers les ports français du corridor, à savoir Calais et Dunkerque", note la commissaire européenne.

Les ports situés sur le réseau transeuropéen de transport (appelés RTE-T, ou TEN-T) sont susceptibles de bénéficier de fonds européens pour leur développement.

Selon Mme Bulc, la nouvelle proposition a "un périmètre limité et vise une solution à court terme", une solution d'urgence pour éviter que l'Irlande se trouve isolée économiquement. Elle ne remet pas en cause la définition du RTE-T, souligne la commissaire.

Pour rassurer encore la France, cette dernière propose de rencontrer Elisabeth Borne en septembre.

A plus long terme, la Commission souligne qu'à la suite du Brexit, qui "aura vraisemblablement des conséquences importantes sur les flux de transport entre l'Irlande, le Royaume-Uni et l'Europe continentale", "les ports français auront certainement un rôle clé à jouer".

De nouvelles discussions sont en effet attendues pour l'après 2020, notamment dans le cadre de la proposition pour le mécanisme pour l'interconnexion en Europe.

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